Les travailleurs de l’ombre : Ratafia, toujours opérationnel à 87 ans

Jacaranda
L’équipe nationale malgache en tournée en Chine avec Ratafia (extrême droite).

Madagascar a en Ratafia, de son vrai nom Edmond Rakotoarivelo, un des plus anciens sinon le plus ancien des entraîneurs en basket-ball. A 87 ans, il entraîne toujours les équipes féminines du Stade Olympique de l’Emyrne, son club de toujours, mais avec quelques piges tant en équipe nationale que pour quelques formations ayant besoin d’un résultat immédiat.

En exerçant encore le métier d’entraîneur à 87, Ratafia devrait voir figurer son nom dans le livre des records, le fameux Guiness Book, ne serait que par ce record de longévité, car il a déjà présidé le collège des entraîneurs malgaches en 1974 ;

Meilleurs souvenirs. Outre le SOE avec qui il s’est lié d’amour, Ratafia a permis à l’équipe de l’ASUM de franchir des paliers pour arriver chez l’élite. « Les universitaires ont été très réceptives et cela a favorisé ma tâche d’autant plus que je m’entendais très bien avec le directeur du sport universitaire de l’époque, Rémy Rambeloson », confiait-il avant d’enchaîner sur ses meilleurs souvenirs.

Sur ce chapitre en effet, Ratafia a encore en mémoire son séjour de un mois et demi en Chine avec l’équipe nationale. C’était en 1974 où la délégation malgache a été accueillie par cinq provinces chinoises dans un bel élan d’amitié et de fraternité.

Il cite également la médaille d’or des Jeux des Iles de 1985 aux côtés d’illustres joueuses telles Bao Monique ou encore Baholy et Boeing en enchaînant sur les Jeux de la Francophonie de 1989 à Casablanca où il se trouvait dans la même chambre que le regretté Ntsoa, l’entraîneur de football bien connu.

Une licence en 1947. Autant de bons souvenirs qui suffisent à faire le bonheur de cet homme snobé par l’Etat qui ne lui a offert en tout et pour tout que le Chevalier de mérite sportif acquis aux lendemains des Jeux Africains de Nairobi où Bako Ratsifandrihamanana a décroché l’or du 100m dos. Le Président Ratsiraka en a profité pour récompenser d’autres sportifs dont le boxeur Rakao et Ratafia non seulement pour ses performances au basket-ball, mais même pour son passé d’un sportif accompli.

Car dans ce domaine précis, Ratafia a des arguments à revendre avec une première licence en football en 1947 au sein de l’Orient Club de Tana.

Signe du temps ou de l’époque, un sportif jouait dans plusieurs disciplines et Ratafia ne faisait pas exception en défendant également les couleurs de Florissa Club de Tana qui est né de la scission avec le SOE Football.

Il a ensuite intégré les rangs du SOE rugby à XIII en 1950 dans un poste qui lui sied comme un gant, aux trois-quarts centres. Il se souvient comme c’était hier d’un match épique contre les Français de Carcassone et même de l’Equipe de France à XIII.

Le SOE sous perfusion. Un palmarès de plus élogieux donc, mais faute d’une reconnaissance étatique, Ratafia se réjouit d’être accueilli comme un roi dans tous ses déplacements notamment à Paris par ses anciennes joueuses. Parmi ses grandes satisfactions figurent également le fait d’avoir formé Henri Randrianjatovo aujourd’hui le plus gradé des entraîneurs de basket-ball, ou encore Mamy Ravelomanantsoa, des hommes qui faisaient partie des juniors du Lycée Gallieni que Ratafia avait entraîné à l’époque.

Son souci, car il en a un, se trouve être le Stade Olympique de l’Emyrne qui lutte aujourd’hui pour sa survie. Il ne se ferait jamais à l’idée de voir un jour son club de cœur disparaître. Mais l’heure est grave, car le club est sous perfusion et ne doit son salut qu’aux contributions des anciens stadistes de France regroupés au sein de l’association dénommée Lasta.

Clément RABARY

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