Droit au but : L’Afrique restera…africaine

Si  René Dumont a fait une grosse vague en s’adressant aux agriculteurs africains comme quoi l’Afrique noire est mal partie, l’envie nous prend aujourd’hui de parodier cet ingénieur agronome français pour en dire pareil sur le football africain.

Victime, la sélection d’Analamanga qui participe au tournoi du Cosafa des moins de 17 ans a beau crier au scandale face à des Zambiens visiblement plus grands que les protégés de Tota Rakotoarimanana mais cela ne va pas changer grand-chose car en Afrique le contrôle sur l’âge a du mal à se faire en raison d’un coup exorbitant de l’opération. Et ce au grand bonheur des Africains qui ne se lassent pas de mentir sur leur âge. Pire, ils sont de deux ou trois ans plus âgés dans les formations jeunes et quand cela leur arrive de jouer dans les équipes des vétérans de plus 45 ans, il n’est pas rare de trouver des jeunes de 40 ans ou même moins.

Ce qui fait dire que malgré l’avancée de la médecine ou tout le bazar qui entoure les nouvelles techniques pour déterminer l’âge réel, l’Afrique restera quoiqu’on dise africaine.  Et cela ne va pas changer du jour au lendemain malgré les critiques acerbes au lendemain des victoires des équipes africaines comme ce fut le cas aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 quand Amokachi, Kanu et Amunike montaient sur la plus haute marche du podium. Car c’était trop beau pour être vrai.

Et pour tout dire, Madagascar n’y échappe pas. Tout le monde connaît en effet les clubs qui ont régné en maître dans les catégories jeunes pour ensuite disparaître dans l’âge adulte. Comme tout Africain qui se respecte.

On aura encore en mémoire la remarque d’un dirigeant réunionnais qui voyait un des nôtres figurer dans l’équipe nationale des moins de 20 ans pour la quatrième année consécutive. Et là le « encore toi ! » qu’il a balancé, est très révélateur.

S’est-on demandé au moins une fois pourquoi les Africains sont champions du monde chez les jeunes pour ensuite disparaître dans les matches de poule lors d’un Mondial ? La percée des nations qui ont quelque peu réussi, vient surtout des équipes nationales où les joueurs ont grandi en Europe donc soumis à des règles strictes du respect de l’âge.

On ne peut pas mentir sur l’âge dans une école de foot française car tout le travail pour rendre le joueur plus performant tourne autour. C’est ainsi que Kylian Mbappe qui est né près de Paris, a pu progresser pour devenir très performant à 16-18 ans. Et ce n’est pas le seul exemple d’un joueur d’origine noire africaine qui a réussi. D’où tout l’intérêt d’une approche médicale. Mais allez faire comprendre cela aux Africains…

Clément RABARY

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