Les travailleurs de l’ombre : Justin Ramananoro, le plus grand spécialiste des haies


Bmoi

Jacaranda

La rubrique hebdomadaire « Les travailleurs de l’ombre » ouvre aujourd’hui ses pages à l’un des plus grands spécialistes des courses de haies, Justin Ramananoro, plusieurs fois champion de Madagascar mais qui a également formé des champions dans cette spécialité pour ne citer que Rosa Rakotozafy,  l’actuelle directrice du Sport Fédéral.

Un palmarès élogieux ! Un succès sportif sans précédent qui valait aujourd’hui à Justin Ramananoro cette haute distinction de Commandeur de mérite sportif autrement dit le summum dans ce genre de reconnaissance du ministère des Sports qui aurait été mieux si elle est accompagnée par des mesures financières pour aider cet homme qui continue de servir le sport malgré le poids de l’âge.

Car à 68 ans, il continue d’exercer le métier d’entraîneur et dans deux disciplines SVP.

Formation allemande.  Il est encore aujourd’hui l’entraîneur de l’Akon’Ambatomena, le club fianarois qui l’a vu grandir et avec lequel il a débuté au football.

Après la fusion avec l’Akon’ny Soafiregnina, Ramananoro est resté solide au poste d’entraîneur. Logique pour cet homme formé par Peter Schnittger en 1982 avec ce que cela suppose de rigueur allemande, pour ensuite enchaîner par le stage Futuro animé par le technicien français Michel Richard qui revenait plus tard pour diriger un autre stage de Solidarité.

Autant dire une solide base pour Ramananoro qui reste cependant convaincu que sa tâche de thé reste les courses de haies où il a vraiment collectionné les gloires.

Recordman du 400m en 1965 puis en 1966 alors qu’il n’était que cadet, il s’est véritablement révélé sur les haies où son angle d’attaque tout particulière faisait de lui un champion en puissance. « Il ne faut pas seulement courir très vite mais l’approche des haies doit être maîtrisée avec une précision chirurgicale », commente cet homme qui est resté dans son Fianarantsoa natal.

« Je me plais dans cette ville où j’ai toute ma famille, mes amis mais  aussi mes repères en tant que sportif « , commente Ramananoro qui n’a jamais pensé de toute sa vie que l’herbe est plus verte ailleurs.

Une fidélité qui lui fait honneur même en menant une vie assez modeste car il ne roule pas sur l’or. Mais il n’en fait pas grand cas, se contentant de vivre sa vie.

Pour revenir à sa carrière d’athlète,  il a été champion de Madagascar juniors au 400m haies en 1967. La même année, il est allé chercher la médaille de bronze de la spécialité aux championnats d’Afrique au Kenya.

Travailler. Il a amélioré le record de Madagascar du 400 haies en 1968 avant de s’attaquer à d’autres défis à l’âge adulte.

Chez les seniors en effet, Ramananoro a changé de fusil d’épaule en s’ alignant au 100m puis au 110m haies pour devenir presque logiquement champion de Madagascar.

L’après compétition est tout aussi fourni pour lui car il est devenu l’entraîneur du Collège de St- François Xavier à Ambatomena en 1988 où il a pris en main Rosa Rakotozafy en 1992 et inculquer à cette dernière la culture de la gagne.

La suite est venue presque tout seul car Ramananoro est appelé pour encadrer l’équipe nationale d’athlétisme avec un petit crochet à Dakar où il a suivi un stage de niveau 3.

Bref, une carrière bien remplie pour ce grand homme d’un abord facile et qui ne se plaint presque jamais. « Cela ne fait pas partie de ma culture où la devise est de travailler encore plus quelles que soient les circonstances », lâche Ramananoro avec ce sourire qui fait tout son charme.

Clément RABARY

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