Ahmad : Un bilan positif à la tête de la CAF

On a surtout entendu parler de lui début juin, lorsqu’il a été interpellé à Paris, par des agents de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), au sujet d’un contrat rompu unilatéralement par la Confédération Africaine de Football (CAF) avec l’équipementier Puma.  Mais on entend moins parler du bilan, plutôt positif, de son mandat à la tête de la CAF. Ahmad, le président de la CAF depuis le 17 mars 2017.

Actuellement de passage à Madagascar il nous donne, le temps d’une interview, quelques détails sur son parcours.

Midi : Un bilan de votre mission à la tête de la CAF ?

Président Ahmad : « Durant ma campagne, avant mon élection en tant que président de la CAF, j’ai promis le changement. J’avais pris en considération les avis des présidents de fédération en Afrique, et parmi les défis qu’on a décidé de relever ensemble, figurait cette idée de passer de 16 à 24 le nombre des nations qualifiées à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Ce qui a permis d’intégrer d’autres grandes nations du football africain qui n’ont pas pu jusqu’ici participer à la CAN, mais également d’autres nations émergentes du football. C’était une décision qu’on avait prise, non pas pour notre satisfaction personnelle, mais pour faire en sorte que la démarche puisse avoir un impact positif sur le public. J’admets que la démarche n’était pas facile car on a du, par exemple, rencontré le Chef d’Etat camerounais pour lui  faire part de cette idée de rehausser le standard en matière d’organisation de la CAN. Et ce, avec un cahier des charges beaucoup plus exigeant, que ce soit au niveau des stades que des hôtels, car il ne faut pas oublier que 95% des joueurs de la CAN sont des professionnels habitués à un environnement très confortable. La grande réforme qu’on a pu réaliser, c’est aussi celle d’avoir fixé la date de la CAN en fin des saisons en Europe et durant l’inter-club. Cette formule a permis de libérer plus efficacement les grands joueurs africains, évoluant dans les grands clubs professionnels mondiaux. En termes de revenus, il y avait également une réussite dans l’organisation de la CAN 2019, puisque avec seulement cinq mois de commercialisation, on a obtenu une hausse de 25% des revenus, sans compter les sponsors internationaux qui sont passés de quatre à neuf. »

Midi : Madagascar a t-elle été l’équipe émergente de la CAN 2019 ?

Ahmad : « Très certainement. Le parcours des Barea à la CAN 2019 était un immense succès. Mais là encore, le succès n’est pas venu tout seul car c’est le résultat d’un travail qui s’est fait depuis des années. C’est un travail de groupe qui s’est fait par étape, pratiquement depuis 2005 où a débuté la formation de certains joueurs des Barea, puis on est passés par le championnat d’Afrique des moins de 17 ans et la COSAFA Cup des moins de 20 ans. Et puis, il y a bien évidemment l’apport des joueurs évoluant en Europe. Vous savez, on m’a souvent reproché de bloquer le recrutement des joueurs dans des équipes de la région océan Indien. Effectivement, j’ai orienté les joueurs vers l’Europe, quitte à débuter en 3e division, avant d’évoluer progressivement. Le résultat, on a eu cette CAN 2019 très réussie. Et ce grâce également à l’appui du coach Nicolas Dupuis, qui a fait beaucoup de choses pour le football malgache. Je remercie également la Fédération Malgache et  toutes les autorités qui ont fait du bon travail. Je tiens également à citer Telma qui aide énormément le football malgache. En tout cas, le fait est que, grâce à la conjugaison de tous ses efforts, la valeur de l’équipe nationale malgache et du coach ont considérablement augmenté dans le football continental et mondial, et nous pouvons tous en être fiers. »

Midi : Comment maintenir ce dynamisme Barea ?

Ahmad : « Vous savez, la réussite ne se limite pas uniquement à cette victoire. Il faut aussi garder en tête que la défaite fait partie du foot. Ceci étant, il faut continuer cette bonne gestion du foot et y impliquer tout le monde : la Fédération, l’Etat, le secteur privé, mais aussi la presse sportive, qui est un élément indispensable du processus car si on est bien soutenu par les médias, on peut réussir. »

Midi : Parlons de cette histoire de votre interpellation à Paris.

Ahmad : « Comme vous le dites, ce n’était pas une mise en examen, mais une interpellation qui n’était pas un cas isolé, mais entrant dans le cadre d’une enquête plus globale sur plusieurs personnes. Ils ont enquêté sur moi en faisant preuve d’un très grand respect. Et comme ils  n’avaient rien à me reprocher alors que l’affaire était déjà très médiatisée, le Procureur de Marseille a pris la peine de publier un communiqué annonçant qu’il n’y pas eu de poursuite contre moi. La preuve, je n’ai pas fui et je suis encore là. »

Midi : Est-ce que cela vous a affecté personnellement ?

Ahmad : « Oui, bien évidemment car c’est la première fois dans ma vie que je fais l’objet de ce genre d’enquête. Mais cela m’a aussi appris à renforcer le principe que  j’ai toujours adopté, celui de faire appel à des experts compétents dans les domaines que je ne maîtrise pas. C’est le cas maintenant dans le domaine de la communication. »

Propos recueillis par R.Edmond.

 

 

 

 

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. C’est un voleur pro marocain

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.