Conférence Plan de Kazan : Yaelle Antsasoa Vaissaud en bonne ambassadrice du sport-études

Jacaranda
Elle n’a pas ménagé ses mots pour parler de la réalité ainsi que de proposer des solutions.

Elle a fait sensation lors de sa prise de parole lors de la première conférence régionale sur la mise en œuvre en Afrique du Plan d’Action de Kazan. Yaelle a porté la « voix » d’une génération qui demande aux pouvoirs publics d’accompagner cette jeunesse montante pour que l’Afrique puisse passer du stade de potentiel à un stade de réussite concrète et reconnue.

Madagascar était au cœur de l’histoire sportive du continent la semaine dernière. La Grande Ile a abrité la première conférence régionale des ministres africains sur la mise en œuvre en Afrique, du Plan d’Action de Kazan qui a réuni 18 ministres du continent et pas moins de 80 experts nationaux, continentaux et internationaux. Ce plan d’action est le cadre de référence international sur l’éducation physique et le sport adopté à Kazan, en Russie en Juillet 2017. L’objectif est de promouvoir l’éducation physique et le sport comme éléments importants de développement durable. Les recommandations pour concrétiser ce plan d’action au niveau régional africain ont été adoptées à l’unanimité par les 35 pays représentés. Sportifs, experts, ministres et hauts responsables des instances sportives internationales, se sont succédé à prendre la parole pour parler de l’importance de ce projet, non seulement pour l’épanouissement individuel mais aussi pour les résultats sportifs. Trois sportifs ont été choisis pour parler de la réalité et de leur vécu. Mais l’intervention de la « sportive individuelle de l’année 2018 de MIDI Madagasikara », Yaelle Antsasoa Vaissaud a été très appréciée par les conférenciers. Elle a fait un plaidoyer en faveur de la conciliation entre sport et études, car l’Afrique avec ses 60% de jeunes est un vivier de talents sportifs et académiques. Yaelle, 15 ans maintenant, a été sacrée championne d’Afrique en double U14 l’année dernière et parallèlement à cela, elle vient juste de décrocher son brevet des collèges avec une mention très bien. « Oui, je suis effectivement un pur produit de Madagascar. J’ai tout appris ici, aussi bien mon tennis que mes études. Concilier sport et études en Afrique, c’est faisable à condition de trouver les solutions adaptées.

Le fait de jongler constamment entre sport et études pousse les jeunes à faire des choix difficiles et risqués. Certains bâclent les études et finissent par abandonner, d’autres renoncent à leur passion du sport avec beaucoup de regrets. Ce qui est sûr pour les compétiteurs, c’est qu’il est difficile d’allier déplacements en tournois et présence sur les bancs de l’école », a-t-elle plaidé.

Yaelle Antsasoa avec le président Andry Rajoelina qui a parlé l’écho de son plaidoyer.

Respect des critères. Pour sa participation au sein de cette première conférence organisée par Madagascar en partenariat avec l’UNESCO et l’Union Africaine, Yaelle a plaidé pour que les jeunes africains puissent bénéficier, côté sport, de structures sportives aux normes, et centre d’excellence pour le haut niveau, d’une éducation physique de qualité et d’un encadrement médical et nutritionnel ; et côté études, de possibilité d’aménagement d’horaires scolaires adaptés et d’études à distances pour les compétiteurs. « Des Infrastructures aux normes accessibles à tous et un centre d’excellence pour le haut niveau sont indispensables. Une éducation physique de qualité doit compléter les techniques spécifiques. Car la compétence athlétique permet de réduire les risques de blessures mais aussi de lutter à terme contre le dopage. Un staff médical et nutritionnel est essentiel pour la prévention et les soins. Et pour certains, les aider à canaliser la volonté de se surpasser pour que ce ne soit pas au détriment de l’intégrité physique des enfants. Une multiplication des compétitions sportives nationales permettrait de rehausser les niveaux, et de détecter les talents. Mais les compétitions internationales de jeunes restent toutefois inévitables si on veut tendre vers le haut niveau », a-t-elle continué. Et Yaelle a mis un accent particulier sur les sélections qui devraient vraiment reposer sur l’équité avec des critères purement sportifs, car les efforts non récompensés constituent un frein majeur dans le développement du sport. Et elle a demandé aux pouvoirs publics d’accompagner cette jeunesse montante pour que l’Afrique puisse passer du stade de potentiel à un stade de réussite concrète et reconnue. En d’autres termes, une Afrique Gagnante. Yaelle est très sensible sur les questions de développement et de l’écologie. Lauréate nationale du concours « Ambassadeur en herbe » organisé par l’AEFE et l’ONU, sur le thème « Enfants de la guerre à la paix », cela l’a déjà emmené à l’âge de 10 ans au siège de l’ONU au Kenya pour débattre sur le sujet de « L’Ecologie Durable ».

T.H

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