Rugby : Madagascar, 16e plus grande population de joueurs au monde

Makis, nom de l’équipe nationale qui marque le ballon ovale malagasy.

«Madagascar : fou de rugby », tel est le titre du focus régional du World Rugby du mois d’août, quand cette instance internationale a donné son point de vue sur l’évolution de cette discipline dans la Grande île. Depuis ce qui a été publié sur son site, World Rugby indique que Madagascar a été comparé au sud-ouest de la France pour son amour du rugby.

D’après une étude menée par Frédéric Dumant, l’ancien joueur des moins de 20 ans du Racing 92 de France, qui travaille désormais en tant que consultant marketing au niveau de la Fédération, Madagascar est un pays de rugby. «La première fois que je suis allé à Madagascar, il y a quatre ans, tout le monde connaissait le rugby et voulait m’en parler, que je sois à l’aéroport, en taxi… partout. Cela m’a rappelé le sud-ouest de la France, c’est la même chose là-bas, ils sont fanatiques », a-t-il fait savoir.

D’ailleurs, on ne manque pas de voir des jeunes qui jouent au rugby quand on fait une descente dans l’une des rues animées de la capitale. Avec une population de 1,6 million d’habitants, la ville d’Antananarivo compte 161 clubs de rugby stupéfiants, dont 40 situés dans le quartier de Manjakaray, l’un des véritables bastions du sport. Pendant ce temps, le programme de participation de masse de World Rugby, de l’association « Get into Rugby » en collaboration avec le Malagasy Rugby, est actif dans toutes les 22 régions du pays. Le rugby s’associe, par la suite, avec le programme scolaire. Un championnat national des écoles est organisé chaque année et implique les cinq meilleures équipes filles et garçons des cinq provinces.

Selon encore le World Rugby, avec près de 40 000 joueurs inscrits au total, Madagascar est la 16e plus grande population de joueurs de rugby au monde.

Philippe Canitrot, l’entraîneur des Makis, a ajouté dans son propos que ce sont les habitants des quartiers pauvres qui s’approprient la valeur de ce sport. «Le défi et la lutte pour se défouler sont de bons débouchés après une semaine de travail très difficile pour trouver quelque chose à manger et faire vivre sa famille. Être un joueur de rugby, et surtout des Makis, est une grande reconnaissance dans les quartiers pauvres. C’est une promotion sociale dans la partie basse de la ville », poursuit-il. Ce que les joueurs adorent, c’est le jeu composé de beaucoup de passes et de courses. Cela correspond bien à leur profil habile, agile, rapide, mais aussi dur et guerrier. « Croyez-moi, ils sont difficiles à aborder. Ils manquent encore de rigueur collective, mais nous y travaillons. Ce qui m’a fait partir à Madagascar, c’est non seulement ma passion pour le pays mais aussi cette force indescriptible qui existe chez tous les joueurs. Cette capacité à surmonter les problèmes et les difficultés pour assouvir la passion du rugby », a-t-il conclu.

Recueillis par Manjato Razafy

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