Mêmes causes, mêmes effets ?



Jacaranda

Au niveau du légal, c’est-à-dire des institutions électorales de la Transition, le Dr Jean Louis Robinson a perdu les élections présidentielles. La Ceni-T qui, de bout en bout, a mené Hery Rajaonarimampianina à la victoire à travers les résultats provisoires qu’elle a publiés, et la Cour Electorale Spéciale qui a rejeté la demande du Dr Jean Louis Robinson qui affirme l’existence de fraudes massives, pour suspendre la proclamation des résultats partiels aux fins de vérification contradictoire des bulletins de vote non utilisés lors des élections, pour confronter et vérifier les bulletins de vote utilisés , leur numéro de série par rapport aux souches et recompter les bulletins de vote pour définir le résultat probable, le tout en présence de ses  représentants,  sont arrivées au bout de leur peine. Il ne leur reste plus maintenant que la dernière étape.  Fixer les dates de proclamation des résultats officiels, provisoires pour la Ceni-T et définitifs pour la Cour Electorale Spéciale des élections présidentielles  et  législatives de sortie de crise à Madagascar.

Mêmes causes, mêmes effets ?

          Mais le légal et le légitime seront-ils ensemble ? A ce niveau, tout relèverait encore du domaine du suspense. Il est difficile aux électeurs mûrs et scrupuleux de ne pas être légitimement inquiets devant les résultats tronqués de leurs bureaux de vote. Des populations sont  déjà descendues dans la rue à certains endroits pour dénoncer  des fraudes.  Jusqu’où accepteront-ils  les résultats officiels  et leur véracité? Bien qu’ils doivent se soumettre au légal, il leur est néanmoins intolérable d’accepter la défaite, en bons citoyens dignes de ce nom, suite à des fraudes perpétrées au détriment de leur candidat.  S’il faut revenir en arrière,  on se souvient qu’en 2002, la déchirure est née de la même situation.  Un candidat s’est dit que le pouvoir lui a volé la victoire à travers des fraudes massives. Son adversaire électoral a refusé toute remise en question des résultats avalisés par la Haute Cour Constitutionnelle au nom de la légalité. Il s’ensuivit une contestation populaire de grande ampleur dans la Capitale qui a abouti à l’auto proclamation. N’avions nous pas tiré les enseignements de cette expérience douloureuse pour qu’aujourd’hui,  les mêmes causes risquent d’entraîner  les mêmes effets ? Nous vivons depuis cinq années  dans une crise politique et économique  grave et profonde.  Aurait-on oublié face aux difficultés grandissantes, que notre pays a besoin de revenir  plus que jamais à l‘ordre constitutionnel.  La communauté internationale  a beaucoup investi pour le succès de ces élections.  Elle n’attend que les élus qui en seront issus, le nouveau président de la république et les députés,  pour reprendre sa coopération. L’apprentissage de la démocratie n’est pas facile lorsque la confiance envers les résultats électoraux sépare. Une chose apparaît évidente pour les observateurs, la quatrième République est encore loin d’avoir gagné la sérénité de son avenir.

Zo Rakotoseheno

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