Le public sur le qui-vive



Jacaranda

Jour J pour la Ceni-T ! Elle arrive aujourd’hui  au chapitre de la proclamation officielle et publique des résultats provisoires, après un long travail laborieux de préparation,  d’organisation, de collecte et de traitement des résultats du second tour des élections présidentielles. Comme au premier tour, ce sont les résultats provisoires de 19 894 bureaux de vote sur les 20 001 existants qu’elle proclamera. Les récapitulations nationales des résultats que la Ceni-T ont fait paraître sur son site, au fur et à mesure qu’elles lui sont parvenues, ont désigné depuis le début Hery Rajaonarimampianina comme le vainqueur des élections présidentielles. La proclamation ne réserve  aucune surprise.  La Ceni-T confirmera officiellement les résultats provisoires devant ses invités,  autorités nationales et communauté internationale. Elle pourra après la cérémonie pousser un grand ouf de soulagement  avec le sentiment du devoir accompli.

Le public sur le qui-vive

            Cette étape de la proclamation des résultats provisoires n’est pas vraiment nécessaire. Le Dr Jean Louis Robinson, candidat qui s’est senti  lésé dans leur exploitation, après avoir découvert et dénoncé l’existence des fraudes massives, a demandé de suspendre la publication de ces résultats provisoires qui, à son avis, perturbent le public. Mais il n’a pas eu gain de cause auprès de la Ceni-T qui détient légalement le pouvoir de proclamation des résultats provisoires.  Le Dr Jean Louis Robinson et ses électeurs ne peuvent donc aujourd’hui que de faire profil bas. Il ne nourrit pas moins l’espoir de battre son concurrent en déposant auprès de la Cour Electorale Spéciale toutes les preuves recueillies à différents endroits de l’ Ile en sa possession sur l’existence de fraudes massives avant, pendant et après le scrutin. A la différence de la Ceni-T, la Cour Electorale Spéciale dispose de tous les pouvoirs sur les résultats officiels et définitifs des élections.  Les requêtes du Dr Jean Louis Robinson auprès de cette institution de la Transition laissent entrevoir des doutes sur l’issue réelle des résultats du scrutin. On se rappelle que devant les premiers résultats portés à leur connaissance  après le scrutin du 20 décembre, les deux candidats à la présidentielle ont fêté leur victoire en sablant le champagne dans leur QG respectif. Aucun ne veut lâcher la proie pour l’ombre.  La population pour sa part est sur le qui- vive dans son aspiration à la vérité des urnes et à l’impartialité des juges.  Elle attend de pied ferme les résultats définitifs de ces élections qui mèneront vers la sortie de crise.  Les deux candidats ont accepté de se soumettre au verdict de la Cour Electorale Spéciale. Les résultats seront-ils acceptés par tous ? Les leçons du passé enseignent que les mauvais gagnants et les mauvais perdants n’ont pas disparu de notre pays. Espérons néanmoins que 2014 favorisera le changement et les comportements plus démocrates.

Zo Rakotoseheno

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