Un mois après …



Jacaranda

Un mois, jour pour jour, après l’investiture du président de la République Hery Rajaonarimampianina, aucune nomination n’a encore été faite en conseil des ministres. On a l’impression que le nouveau Chef de l’Etat ne tient pas à bousculer le rythme et le cours normal des choses.  L’Assemblée nationale a ouvert sa session. Les députés nouvellement élus de la quatrième République ont procédé à l’élection des membres du Bureau permanent de l’Assemblée. Une femme, Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la Justice et Garde des Sceaux  de la Transition, pour la première fois  en devient président. La démocratie l’a élue ainsi que les autres membres du Bureau  à travers les voix du Mapar et du GPS qui ont formé la majorité parlementaire.

Un mois après …

             L’avènement de l’Assemblée nationale a mis fin à l’existence de deux institutions de la Transition : le Congrès et le Conseil Supérieur de la Transition.  La formation du gouvernement est apparemment plus délicate. Bien qu’il soit clair dans la Constitution que « le président de la République nomme le Premier ministre présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire», la notion de partis, de groupe de partis et de majorité, prête à polémique au niveau des députés. La Haute Cour Constitutionnelle a bien spécifié que la majorité dont il s’agit est celle relative, mais les contestations émises par les politiciens contre la force politique qui s’affiche majoritaire portent aussi sur le respect de la définition du parti et du groupe de partis. Le constat de flou qui en découle profite à la concurrence pour la recherche de la majorité parlementaire. Celle-ci  est à l’origine de rapprochements et de regroupements politiques de députés à l’Assemblée nationale.  Mapar et plate- forme pour la majorité présidentielle qui coexistent ont du mal à ne pas se regarder en chiens de faïence bien que le Président de la République mette cela sur le compte du jeu démocratique et considère le Mapar comme « l’allié naturel » du HVM.  Andry Rajoelina, pour sa part, n’a pas mâché ses mots pour exprimer sa profonde aversion envers le nouveau président de la République.  Il a décliné l’offre du Mapar qui voulait le présenter  pour nomination comme Premier ministre. Le Mapar a présenté hier Haja Resampa à sa place. Il reste au président de la République à décider de nommer  ou non  l’ancien SGP de la transition qu’il avait  limogé au lendemain de son investiture. La Plate-forme pour la majorité présidentielle présentera  aussi son candidat. Au président de la République de faire son choix sans plus attendre.  La nation a besoin de changement après un mois de l’investiture.

Zo Rakotoseheno

Share This Post