Cinquante jours plutôt difficiles



Jacaranda

Les cinquante premiers jours de Hery Rajaonarimampianina au pouvoir, depuis la proclamation officielle des résultats des présidentielles n’ont pas été de tout repos. A la veille de son investiture dans le grand stade de Mahamasina, il a effectué une passation  qui ne l’était pas vraiment avec le président de la Transition au Palais d’ Iavoloha. En effet, il n’y avait pas cette cérémonie symbolique de la passation habituelle qui est de signer tour à tour les dossiers qui passent de main à main entre l’un et l’autre.  Andry Rajoelina a rameuté les militants du Mapar pour le voir remettre au nouvel élu,  une grosse « clé de Madagascar ». Hery  Rajaonarimampianina, est raccompagné sans grand enthousiasme tandis qu’ Andry Rajoelina restait au palais. En quoi c’était une passation ?

Cinquante jours plutôt difficiles

          Deuxième couac, la cérémonie d’investiture du lendemain à Mahamasina. Les habitués des grands évènements sur ce stade où les rois et reines de ce pays ont été sacrés, savent qu’il faut se lever tôt pour y trouver place. Ce ne fut pourtant pas le cas pour un aussi grand jour que l’investiture du nouveau président de la quatrième République. Même les retardataires n’avaient pas eu à s’inquiéter.  La cérémonie s’est déroulée devant des gradins clairsemés  donnant l’impression que le nouveau président de la République Hery Rajaonarimampianina était boudé par la population. La réalité est que très tôt ce jour là comme par hasard, il n’y avait pas de bus dans de nombreux quartiers environnants de la capitale. Ceux qui desservaient Mahamasina ont disparu par enchantement. En revanche, les militants du  Mapar organisés sont venus en masse pour occuper le milieu des gradins face aux tribunes et applaudir à chaque apparition sur le grand écran de TV de leur président Andry Rajoelina.  Où sont passés les électeurs de Hery Rajaonarimampianina, s’interrogeait –on durant toute la cérémonie dans les tribunes remplis à ras bord par les invités nationaux et internationaux de la République ?  La journée a été plus longue que prévue car, les réceptions et cocktails au palais d’Iavoloha qui suivirent la cérémonie n’ont pas brillé côté organisation. Des services du protocole  en concurrence qui avaient l’art de déboussoler les invités. Hery Rajaoanrimapianina a été sauvé par la grande qualité de son discours d’investiture, malgré les plagiats remarqués et la grenade lancée sur des innocents à Anosy en fin d’après –midi.  Les premières mesures qu’il prendra avant son départ pour le sommet d’ Addis- Abeba, donnera l’air d’une revanche, avec deux limogeages significatifs de l’offensive. Le SGP et le Dircab de la présidence. Le discours d’accusation d’Andry Rajoelina envers lui,  augmentera la méfiance. La rupture politique s’est étalée au grand jour lors de la session de l’Assemblée nationale et l’élection de son Bureau permanent. Mapar  d’un côté,  Plate-forme pour la majorité présidentielle de l’autre. Depuis, les enjeux politiques dont la présentation du Premier ministre entrent dans la logique de cette bataille sournoise pour le contrôle du pouvoir. Pour les cinquante  premiers jours, il faut reconnaître que les difficultés n’ont pas manqué.

Zo Rakotoseheno

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