Madagascar est de retour

Il y a cinq ans de cela, le 18 mars 2009, la Haute Cour Constitutionnelle a officialisé la prise de pouvoir de Andry Rajoelina.  La date de la cérémonie de son investiture à la tête du pouvoir de transition a été fixée au 21 mars 2009.Tout s’est joué  en fait, la veille de cette officialisation. Le 17 mars 2009, des milliers de partisans de Rajoelina manifestent.  Andry Rajoelina  investit le palais d’Ambohitsirohitra avec l’appui de l’armée. Le président de la République Marc Ravalomanana   s’est retiré après avoir annoncé dans la matinée sa démission en confiant les pleins pouvoirs au plus ancien dans le grade le plus élevé  des forces armées.  Mais ce dernier n’est pas apparu. Malgré son absence trois haut-gradés présents à l’Épiscopat d’Antanimena  ont confié dans la soirée du 17 mars 2009 les pleins pouvoirs au meneur de  la manifestation de rue Andry Rajoelina pour effectuer la transition politique. Celui-ci  s’est engagé à organiser des élections en deux ans et rédiger une nouvelle constitution pour créer la IVe République.  Le président français Nicolas Sarkozy et l’Union européenne ont  qualifié de coup d’État le changement de régime à Madagascar, tandis que les États-Unis ont jugé le transfert du pouvoir non démocratique. Pour l’Union africaine le changement de gouvernement est anti-constitutionnel.  Elle suspend Madagascar de ses instances. La Sadc pour sa part a refusé de reconnaître le nouveau dirigeant.

Madagascar est de retour

                         Tout cela n’est plus que souvenir. L’élection du président Hery Rajaonarimampianina  à la tête de la quatrième République a mis une croix définitive sur cette période sombre de l’histoire qui a isolé Madagascar du monde. Elle est rappelée aujourd’hui à titre de devoir de mémoire.  Quelques jours seulement après son investiture, Hery Rajaonarimampianina  a participé au sommet de l’Union africaine pour marquer le retour de Madagascar dans le concert des nations.  Son déplacement  actuel aux Etats-Unis  entre dans le cadre de la reconnaissance internationale mais aussi  du réchauffement des relations diplomatiques et de coopération  avec ce pays qui a boudé la transition à cause de la prise de pouvoir anticonstitutionnelle,  les violations des droits de l’homme et le pillage du patrimoine national. Les rencontres du  président de la République qui se poursuivent  aujourd’hui promettent d’aboutir à une rééligibilité de Madagascar au niveau de l’AGOA et  à des aides américaines dans divers secteurs de développement. L’entretien qu’il aura avec Christine Lagarde, Directeur général du FMI, nourrit l’espoir de recevoir des financements  concessionnels de cette institution internationale. L’offensive diplomatique  du président de la République  se poursuivra en Europe  pour marquer le retour de Madagascar dans le concert des Nations.

Zo Rakotoseheno

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