Crédibilité oblige !



Jacaranda

Aux yeux des Etats-Unis, dans le prochain gouvernement pour lequel ils apporteront leur soutien plein et entier ne figurera aucun de ceux qui sont liés de près ou de loin au coup d’Etat de 2009. Démocratie et droits de l’homme sont des critères qui tiennent à cœur aux américains.  Ces conditions, Robert Jackson, Sous Secrétaire d’ Etat Adjoint chargé des Affaires Africaines, arrivé au terme de son séjour malgache, les a encore rappelées, hier, au cours d’une conférence de presse donnée à l’Ambassade américaine. Le président de la République,  Hery Rajaonarimampianina qui a visité les Etats-Unis et rencontré de hauts responsables américains au lendemain de son investiture est averti de ces conditions de l’appui américain.

Crédibilité oblige !

              La communauté internationale dans sa majorité rejoint cette position rigide des Etats-Unis. Le président de la République Hery Rajaonarimampianina ne peut ne pas en tenir compte. Il mène à l’étranger une offensive diplomatique pour la reconnaissance de Madagascar dans le concert des nations. Il espère recevoir en retour, des partenaires extérieurs,  un soutien mérité pour le développement.  A Bruxelles où il participera pendant quelques jours au sommet  Union Européenne –Afrique aux côtés de ses pairs, il plaidera pour que Madagascar bénéficie du 11e FED et se conformera aux conditions des accords de Cotonou.  Le problème qui reste irrésolu relève de la politique locale.  Le Premier ministre n’est pas encore nommé et la formation du gouvernement que les bailleurs de fonds attendent pour s’engager davantage, n’est pas encore faite.  Deux mois se sont écoulés depuis la prise de fonction du président de la République au point de multiplier les  interrogations dans les conversations du public. Les tractations politiques au niveau des députés de l’Assemblée nationale sont à l’origine du retard.  Le président de la République se rend compte qu’il doit agir pour mettre fin à la situation sans renoncer au respect scrupuleux de la Constitution. Devant les lois, ni le Mapar, ni le PMP, ni la mouvance Ravalomanana ne sont des partis politiques encore moins des  groupements  de partis légalement établis. L’avis de la HCC sur l’article 54 de la Constitution favorise la définition de majorité «relative» pour la nomination du Premier ministre. Le président de la République ne se sent pas lié par cet avis qui s’il est suivi donne au parti MMM de Hajo Andrianainarivelo  qui n’a obtenu que 14 sièges de députés le titre de «majorité relative» à l’Assemblée.  Le Premier ministre serait de ce fait présenté par 14 députés  sur 147 élus.  Le président de la République est plutôt favorable à la nomination d’un Premier ministre issu d’une majorité « absolue »,  incontestable au plan de la Constitution et des lois. Crédibilité oblige!  Surtout que  pour commencer une nouvelle République, des bases saines sont indispensables. La communauté internationale observe.

Zo Rakotoseheno

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