Pour le retour de Ravalo

Jacaranda

L’année dernière encore, à la cérémonie de célébration du 237e anniversaire de la déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, l’Ambassade américaine à Andranomena n’a pas invité les représentants du pouvoir de fait. Eric Wong, le chargé d’affaires américain a déclaré sans ambiguïté à cette époque que la tenue d’élections libres, justes et transparentes, telles que prévues dans la Feuille de route de la SADC, constitue la seule voie vers l’avant. Une année plus tard, hier sur les mêmes lieux, pour le 238e anniversaire de l’Indépendence day l’Ambassadeur est revenu sur le passé pour rappeler l’importance de l’article 20 de la feuille de route de sortie de crise signée par l’ensemble des forces politiques qui n’a pas encore été appliquée dans son intégralité.

Pour le retour de Ravalo

         Les Etats-Unis ont reconnu comme l’ensemble de la communauté internationale le nouveau président de la République Hery Rajaonarimampianina élu démocratiquement. Ils ont tenu à reprendre les relations et à renforcer la confiance envers les dirigeants en intégrant de nouveau Madagascar parmi les bénéficiaires de l’AGOA qui redonne vie à l’économie. Mais les Etats-Unis n’ont pas oublié les engagements passés que l’Etat doit encore honorer tel que le retour des exilés politiques sans condition y compris Marc Ravalomanana. Hery Rajaonarimampianina n’a jamais voulu en faire une priorité des priorités. Mais il n’a pas de problème avec l’exilé d’Afrique du Sud. Il l’a démontré en autorisant sa famille à faire le va-et-vient sans être inquiété. Mais pourquoi donc l’ancien président de la République n’est-il toujours pas de retour au pays ? Il a été invité aux festivités du 54e anniversaire de l’indépendance malgache le 26 juin dernier mais n’est pas venu. La raison invoquée est qu’il n’a pas de passeport. Il aurait déposé une lettre au consulat malgache en Afrique du Sud pour avoir un « laisser-passer» sur les recommandations du ministre des Affaires étrangères. Mais il n’aurait obtenu ni un sauf conduit ni un laisser-passer et ne peut regagner le pays. Où se trouve la mauvaise foi dans cette histoire ? Apparemment, le président de la République n’est plus contre son retour au pays. Mais beaucoup de ses alliés ne semblent pas du même avis que lui au point de ne permettre la résolution d’un engagement de la majorité de la classe politique nationale. « Rompre avec le passé » a été l’un des slogans phares du nouveau président de la République depuis son investiture. Le dossier «Exilés politiques» reste à régler pour couper définitivement le cordon ombilical qui relie à cette parenthèse douloureuse de l’histoire. Pour aller de l’avant, le rappel de l’Ambassadeur n’est pas à négliger.

Zo Rakotoseheno

Share This Post