La décentralisation au menu

Nous sommes toujours sous l’emprise d’une législation qui se révèle contraignante et dépassée par l’évolution contemporaine.  Deux journalistes se retrouvent en prison à cause de la sévérité des sanctions envers les délits de presse.  Qui l’eut cru que de la Transition à la IVe République, la dépénalisation qui contribue au rayonnement de la démocratie relèvera encore du domaine de l’impensable. L’on essaye encore et toujours de bâillonner la presse comme si elle était le plus redoutable des criminels. La liberté de la presse a souffert du comportement de ceux qui n’arrivent pas à la tolérer. De nos jours, sous d’autres cieux plus responsables, libres et démocrates, un droit de réponse et une excuse publique auraient largement suffi à réparer.

La décentralisation au menu

           Sinon, sur un tout autre chapitre, celui de la décentralisation, le débat bat son plein au CC Ivato. L’on n’est pas encore près de trouver la formule qui rassemble en un tout cohérent et constructif, les différents avis, politique, administratif, économique et financier émis par les participants, qui donneraient au concept sa raison d’être dans un pays comme le nôtre. Le passé nous apprend que la 1re République n’a pas accordé de place à la décentralisation. La seconde a voulu l’inventer avec les collectivités décentralisées et le « centralisme démocratique» qui a lamentablement échoué. La troisième République a pensé refaire le monde à travers un projet de mise en place de la région, du département et de la commune qui ne verra pas le jour. Les régimes qui se sont succédé au pouvoir durant la période, ont apporté leur « décentralisation » qui au bout du compte, n’était que des fruits de l’imagination qui ne permettra pas à la réalité de s’adapter au mieux. Province autonome, région, commune ou encore Etat, région, commune. Qu’allons- nous finalement installer ? La Constitution actuelle ne tient compte que des régions et des communes. Le débat en revanche, s’approche davantage de la réalité des « fokonolona » et des « fokontany », structures de base de la population.   Quoi qu’il en soit, il est important que le débat sur la décentralisation commence. Il ne doit pas relever que des seuls experts. La population entière doit en discuter afin que chaque collectivité puisse prendre ses décisions. Il est certain que les décisions prises avec une plus grande participation des administrés sont bien fondées et répondent mieux aux besoins des intérêts divers de la société que celles prises uniquement par les autorités au niveau central. Une vraie décentralisation, il faut le croire, traduit une volonté de tendre vers la démocratie.

Zo Rakotoseheno

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