Regagner la confiance

La justice doit aujourd’hui se prononcer sur la plainte en diffamation à l’encontre de deux journalistes du journal Matin placés sous mandat dépôt. Il faut espérer que la Justice puisse juger en toute indépendance, et en son âme et conscience. Le vœu du public est de voir ces journalistes libérés. A notre époque de démocratie, il faut savoir que ce n’est plus que dans les Etats dictatoriaux, style Corée du Nord, Laos, Cuba que l’on emprisonne les gens pour leurs idées et leurs opinions. Notre pays n’en fait pas partie et ne devrait pas suivre l’exemple de ces pays. Après des élections démocratiques, pour sortir d’une période de transition qui a porté des coups tordus contre la presse, nous sommes maintenant en République avec toutes ces règles et ses valeurs bien inscrites dans une Constitution qui défend les libertés fondamentales, en particulier, la liberté d’expression et le droit à l’information.

Regagner la confiance

                   Le temps est venu de changer de comportement. Le Président de la IV ème République a donné le ton le jour de son investiture au mois de janvier dernier lorsqu’il a déclaré vouloir « une démocratie apaisée ». Que sa « responsabilité est exclusivement construite sur les exigences » et parmi celles –ci, « l’exigence de justice, car depuis bien trop longtemps, le peuple malgache a le sentiment de vivre dans un monde d’iniquité où les droits ne sont pas les mêmes pour tous ». C’est dans ce cadre qu’il faudrait maintenant poser les problèmes et réfléchir aux solutions idoines pour l’épanouissement d’une presse libre, corollaire à part entière de la démocratie apaisée. Or, jusqu’à présent, la réforme n’a pas touché la presse qui restera mal à l’aise tant qu’il n’y aura pas de retrait des infractions commises par voie de presse du régime pénal pour en faire des infractions relevant du droit civil. L’idée de dépénaliser les délits de presse n’est pas nouvelle. De nombreux pays en démocratie ont déjà banni depuis très longtemps de leurs arsenaux juridiques la peine de prison pour des infractions commises par voie de presse, les passant pour des infractions civiles. Nous n’en sommes pas encore là. Néanmoins, un atelier auquel participent des confrères examine le code de la communication de fond en comble pour l’améliorer. La dépénalisation des délits de presse est une disposition libérale qui requiert une grande maturité et un professionnalisme qui, il faut le reconnaître, n’est pas encore la règle dans la profession. Son application demande un énorme sens des responsabilités des journalistes. Les gouvernants de la quatrième République naissante devraient devant la situation actuelle lorgner vers cette revendication de la presse libre pour atteindre l’un des objectifs du président de la république qui est de rétablir la confiance dans l’Etat. Une matière à réflexion.

Zo Rakotoseheno

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