Un sursaut national

Jacaranda

Le président de la République est sur tous les fronts.  Il est rudement attaqué par ses adversaires politiques sur toutes les faiblesses montrées par son gouvernement et son entourage. La satisfaction qu’il a affichée durant son déplacement à l’extérieur  s’en va en fumée dès qu’il met le pied sur le sol national où apparemment rien ne change. Bien au contraire, les délestages ont augmenté d’intensité et ont touché pendant sa courte absence plusieurs régions. Il avait émis pourtant le voeu d’en finir en trois mois. L’exilé d’Afrique du Sud qui le tance en ce moment déclare qu’à son époque, le délestage n’existait pas.  Le président promet aussi la gratuité de l’enseignement. Mais les parents d’élèves continuent dans la plupart des  écoles du pays  à se charger des frais de scolarité. Le fondateur  du Mapar a réussi  à combler cette lacune qui soulage le portefeuille des parents dans quelques écoles de la capitale. En un mot, tous les déficits d’efficacité sont rapidement exploités au bénéfice des adversaires politiques du régime au pouvoir.

Un sursaut national

          Les cinq mois d’existence du  gouvernement Kolo Roger n’ont pas encore permis d’évacuer tous les problèmes non résolus depuis la transition, ou qui se sont aggravés cette année. Même le fameux « PND » tarde énormément à voir le jour alors que les bailleurs de fonds ne jurent plus que sur ce document pour l’ouverture des robinets de financement. Rien ne bouge vraiment, entend-on dire, un peu partout au sein du public qui continue à espérer un sursaut national impulsé par les dirigeants pour rompre avec le passé. Aussitôt arrivé de l’étranger, le président de la République essaie de limiter les dégâts.  Stopper les délestages. Il  a déjà repris son bâton de pèlerin pour une tournée intérieure.  A Betafo hier pour donner des kits scolaires aux enfants.  Il serait attendu prochainement dans les quatre points cardinaux du pays. La population  a besoin d’être rassurée par sa présence  et  d’écouter l’élu de la nation pour faire la part des choses. Le régime entame le dernier trimestre de l’année, à partir de demain, son bilan n’est jusqu’ici convaincant que sur le plan international.  Au gouvernement de démontrer son efficacité réelle sur le terrain. Trêve de lenteur et de discrétion,  la réalisation des promesses présidentielles et des objectifs fixés depuis l’investiture du président de la République l’attendent. La population est en mal de résultats. Elle ne découvre jusqu’ici que des lacunes. Une bonne gouvernance qui laisse à désirer. Une insécurité qui ne favorise pas la stabilité. Une réconciliation nationale qui peine à trouver sa voie. Une croissance qui est loin d’être inclusive. Une démocratie menacée par des velléités de prise de pouvoir. Et ce,  même si la majorité ne souhaite guère revivre une nouvelle période de transition.

Zo Rakotoseheno

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