Retour concerté ?

La Sadc est de nouveau dans nos murs. Une forte délégation conduite par le ministre sud-africain chargé de la Sécurité d’Etat David Mahlobo est en visite pour évaluer la situation par rapport à l’application de la feuille de route de sortie de crise de septembre 2011. Le chef de délégation garde une certaine discrétion sur la manière dont Marc Ravalomanana revenu en catimini à Madagascar a quitté l’Afrique du Sud où il a été exilé pendant cinq ans. Il est néanmoins averti que ce brusque retour est en pleine discussion dans notre pays. La délégation commencera ses consultations par la hiérarchie des forces de l’ordre, armée, gendarmerie et police.

Retour concerté ?

             La Sadc est apparemment soucieuse de la tournure des événements dans notre pays. L’une des hypothèses que l’on crédibilise dans les milieux qui suivent de près le retour de l’ancien président de la République est qu’il n’a pu quitter l’Afrique du Sud sans autorisation. Ceux qui ont visité ce pays connaissent la rigueur des autorités et de la police sud-africaines aux frontières. Marc Ravalomanana et l’avion qui l’a transporté n’aurait jamais pu traverser l’espace aérien sud-africain sans autorisation. D’où la déduction logique que le retour de Marc Ravalomanana dans son pays relève de la haute politique, pour ne pas dire de la concertation. Mais qui du coté malgache a favorisé ce retour ? L’opacité qui entoure le dossier et les enquêtes ne permet pas d’avancer de réponse. Les secrets de l’instruction sont si bien gardés qu’ils écartent toute transparence pouvant soulager le public sur les interrogations qu’il se pose sur cette affaire. L’incarcération de soi- disant complices ne rassure pas non plus faute toujours de transparence. Des observateurs espèrent que la délégation de la Sadc fournira davantage d’informations sur ce chapitre délicat du retour en catimini de Marc Ravalomanana en rendant public son évaluation de la situation à l’issue de sa visite. Une chose est sûre, si ce retour a été concerté, il est indispensable de dévoiler ses tenants et ses aboutissants. La réconciliation nationale que la majorité de la population soutient n’avance pas parce qu’elle butte sur des faux problèmes pouvant conduire le pays à une nouvelle crise. L’intérêt supérieur de la nation n’est pas de savoir comment cet avion étranger a réussi à atterrir avec son passager, mais d’avancer au plus vite vers la réconciliation nationale en commençant par les anciens chefs d’Etat. Le FFKM est conscient que le moment est opportun pour s’engager dans cette voie pour ne pas se faire damer le pion par les ennemis de la réconciliation. Une matière à réflexion.

Zo Rakotoseheno

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