Gestes d’apaisement

Jacaranda

Lendemain de fête, le calme a prévalu. La circulation a été plus fluide qu’auparavant dans les quartiers les plus marchands de la Capitale comme Analakely et Behoririka. La ville est sale. Les bacs à ordures ont débordé un peu partout et dégagent des odeurs désagréables. La voirie a du pain sur la planche pour nettoyer un tant soit peu la ville avant de poursuivre les fêtes destinées à accueillir la nouvelle année. C’est au « réveillon », à la nuit de la Saint-Sylvestre que l’on accorde en ce moment son attention. Comme d’habitude, on investit, on consomme en fonction de sa bourse et de ses possibilités dans le dessein de clore l’année en beauté, avec sa famille, ses amis pour se retrouver dans la nouvelle année avec tous les vœux et les espoirs qui l’accompagnent.

Gestes d’apaisement

               2014 tire à sa fin. L’année n’aura pas été de tout repos. Chacun l’appréciera en bien ou en mal à partir de son vécu. Mais pour tous, elle est la première année de la quatrième République. Celle qui a introduit à nouveau le pays à l’ordre constitutionnel et qui a marqué la rupture avec la période de Transition après les élections démocratiques et surtout l’investiture du nouveau Président de la République. Mais redémarrer une république n’est pas facile après la gabegie et le laisser-aller qui ont prévalu. L’année 2014 a connu des hauts et des bas. Les changements sont lents qu’ils soient politiques, économiques et sociaux au point de faire douter les uns et les autres. Mais l’année ne se termine moins avec un grand pas en avant dans le processus de réconciliation nationale. L’espoir d’un avenir meilleur renaît avec elle parce qu’il n’y a pas développement sans réconciliation, en est-on convaincu dans la population.

La libération par la grâce présidentielle de cinq détenus politiques, l’autorisation donnée à Marc Ravalomanana de fêter en famille Noël sont autant de gestes d’apaisement qui réduisent l’augmentation des tensions politiques et sociales en ce mois de décembre. La libération des prisonniers politiques est accueillie favorablement par le public. Mais des questions se posent concernant ceux qui n’en ont pas encore bénéficié et n’ont pu fêter avec les leurs les fêtes de fin d’année. La deuxième vague sera pour bientôt chuchote-t-on dans les conversations. Quoi qu’il en soit, il faut se rendre à l’évidence de la délicatesse du dossier. Le président de la République, en tout cas, avance avec prudence. Il s’engage au-dessus de la mêlée pour le succès de la réconciliation nationale afin que l’année 2015 qu’il compte consacrer au développement avec la réintégration à l’ AGOA ne reste pas toujours l’otage des problèmes politiques non résolus. Une chose est sûre, 2015 pointera son nez avec un ciel plus clair et dégagé de ses nuages les plus sombres.

Zo Rakotoseheno

Telma Fibre Vibe

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