Profit commun

Un discours de douze minutes du président Hery Rajaonarimampianina.  Le premier qu’il fait pour clore l’année et souhaiter la bienvenue à la nouvelle qui pointera son nez dans soixante-douze heures.  Certains en ont voulu au Président de la République de rompre avec  l’intervention du 31 décembre. Mais on s’aperçoit qu’en sortant du rituel, il ne fait qu’imprimer sa marque. Autre temps, autres mœurs.  Il apparaît à l’écran moins figé que ses prédécesseurs.  Un look plutôt moderne devant un ciel bleu et à côté du drapeau tricolore. Costume sombre, chemise blanche, cravate de couleur grenat. Une image soignée. Une impression d’humilité et de neutralité.

Profit commun

       « Mon pouvoir  vient de vous, je ne vous cacherais rien».   Il s’est voulu sincère, rassurant dès le début de son message de vœux à la nation en reconnaissant que celle-ci  se trouve encore en pleine difficulté. Mais que nous ne nous avouerons pas vaincus. Car nous allons mettre en place des infrastructures durables. Hery Rajaonarimampianaina a fait le bilan de l’année  en soutenant que du travail a été fait mais que beaucoup de défis restent à relever.  Il a expliqué que pendant les cinq années de crise, le pays a été marginalisé par la communauté internationale. Qu’après les élections réalisées dans des conditions démocratiques, il a du effectuer de nombreux déplacements à l’étranger pour renouer  les relations de confiance et rassurer les partenaires sur le retour dans l’ordre constitutionnel. Les actions ont été payantes parce que notre pays a été choisi pour accueillir le sommet de la francophonie en 2016. Parce que Madagascar est de nouveau réintégré au sein de l’AGOA qui offre l’espoir de création de nombreux emplois pour des milliers de Malgaches.   Le président a aussi évoqué la découverte de pétrole en relevant  le début de production à Tsimiroro. Sur le chapitre de la réconciliation nationale, il a estimé qu’une nouvelle culture est nécessaire pour le redressement national. Que les conflits ont laissé des blessures qu’il est nécessaire de soigner.  L’orgueil doit céder la place à l’intérêt général pour le développement. Le président a invité chaque région, chaque individu, chaque famille, à apporter sa brique dans la réconciliation nationale. Il pense qu’il faut maintenant arrêter les actions de division et de déstabilisation ainsi que les abus qui profitent de la pauvreté. Les conditions sont maintenant remplies pour avancer et progresser.  Il a promis de préciser davantage sa vision et le chemin à prendre bientôt. Au total, c’est   autour de  la philosophie du « soa iombonana » (intérêt général  ou profit commun) que le président voit l’avenir se dessiner.   Le message est clair, 2015 annonce des défis et des réformes plus audacieux  pour que le pays ne reste pas toujours assisté après cinquante ans d’indépendance.

Zo Rakotoseheno

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