Un débat récurrent

52 députés sur  151 seulement ont voté pour le morcellement d’Antananarivo en six mairies d’arrondissement chapeautées par une grande commune d’Antananarivo Renivohitra.  Le projet est adopté au grand bonheur de ceux qui l’ont concocté. Aucun député n’a voté «Non» même si 99 l’ont boycotté. Mais le projet est-il crédible devant la population avec ce résultat ? N’aurait-il pas fallu procéder à un référendum sur le morcellement ou pas d’Antananarivo ? On attend l’avis de la Haute Cour Constitutionnelle sur la conformité des textes par rapport à la loi fondamentale. Son avis  est d’autant plus indispensable que des contestations se font jour. Les employés de la commune d’Antananarivo  craignent pour leur avenir et ont appelé à la grève. Ils n’acceptent pas cette division dont les conséquences les affectent dans leurs emplois.

Un débat récurrent

           Morcellement d’Antananarivo ? Un débat récurrent. Au regard du passé lointain, les monarques en Imerina ont toujours recherché à agrandir la capitale. Deux rois sont célèbres pour avoir réussi  à rassembler les différentes parties de l’Imerina. Quatre à mettre sur le compte d’Andriamasinavalona et six sur celui d’Andrianampoinimerina. Antananarivo, la capitale, a vu le jour de cette manière.  Aujourd’hui, on s’interroge profondément dans le public  si le morcellement  en six mairies d’arrondissements que l’Assemblée nationale vient d’adopter n’est pas une marche arrière, un recul qui remet en cause l’unité de l’Imerina recherchée et obtenue par la monarchie. Le gouvernement actuel  n’a réussi à faire passer le projet  qu’en session extraordinaire de l’Assemblée nationale après plusieurs tentatives d’adoption devant une majorité de députés méfiants et défavorables. Le ministre de l’Intérieur soutient farouchement le projet en vue du développement de la Capitale qu’il envisage. Il est vrai que la ville des mille a perdu de son lustre d’antan. Les maires  et les PDS successifs n’ont pas su l’embellir, ni lui donner les qualités d’une ville historique moderne où l’on aime vivre. Tana est devenue une ville oubliée et mal gérée. Son image est écornée par les montagnes d’ordures, les mauvaises odeurs, les routes pleines de trous  allant des nids de poules à ceux d’autruche. L’insécurité à vivre tous les jours à cause des crimes et des délits, en tous genres, qui prolifèrent.  Il est loin le temps où Antananarivo a été une ville soignée, fine et tranquille. Ses habitants donneraient tout ce qu’ils possèdent pour y revenir.  Le gouvernement promet  du changement avec  des mesures comme l’autonomie administrative de la gestion budgétaire et des ressources.  Mais le doute demeure  dans les esprits. Le morcellement  contredit  le «Izay misaraka fasika, izay mikambana vato » (Ceux qui se séparent ressemblent à du sable et ceux qui se rassemblent à de la pierre). Les «Ntaolo» qui  nous ont appris le proverbe risquent de se retourner dans leur tombe si jamais, à travers le fractionnement dont le gouvernement vante les mérites, la réforme d’Antananarivo  lui enlève son unité, son âme et sa fierté, malgré la pauvreté.

Zo Rakotoseheno

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