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La France est montée au créneau. Selon l’Ambassade, vingt à trente Français ont été enlevés ces dernières années à Madagascar. L’Ambassadeur de France François Goldblatt et ses proches collaborateurs ont demandé à ce que l’on arrête les kidnappings de ressortissants français. Documents à l’appui, il a révélé qu’il possède une liste de suspects et envisage une coopération poussée avec les autorités Malgaches, dans un double objectif d’intensifier les efforts destinés à prévenir et à réprimer ces activités criminelles et d’augmenter les capacités à démasquer les ravisseurs.

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           L’Ambassadeur de France veut agir en vertu du code pénal français. Il a rappelé les articles se rapportant à la répression des crimes et des délits commis à l’étranger sur des personnes de nationalité française. Les lois françaises précisent  en effet, que les auteurs d’enlèvements de ressortissants français à l’étranger s’exposent à des peines pouvant aller jusqu’à la perpétuité. Les ressortissants français d’origine « indo-pakistanaise » appelée aussi  « karana » sont les plus touchés  par le kidnapping depuis les années 95 jusqu’à présent avec une fréquence en augmentation. Face à la pauvreté croissante du pays, la communauté «Karana», riche et puissante faisant partie des grands acteurs économiques du pays attire les ravisseurs. Ces derniers tentent d’extorquer une rançon sur chaque opération d’enlèvement.  C’est le cas du jeune Houssein  kidnappé récemment à la sortie du collège à Tuléar. Ses ravisseurs auraient exigé d’abord 1 milliard d’ariary à la famille en contrepartie de sa libération. Ils n’auraient finalement empoché  que 35 millions d’ariary sur la somme demandée. L’Ambassadeur de  France a raison de sonner l’alarme et de vouloir la tolérance zéro sur ces affaires de kidnappings de ressortissants français. Le ras-le-bol est justifié  lorsque les autres communautés étrangères ne subissent pas  le même sort.  Quelques faits parmi d’autres ayant fait couler de l’encre reviennent à l’esprit. Le 23 février 2008, un Karana d’Andravoahangy est enlevé par une bande armée et motorisée alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui. En janvier 2010, Nilam Nourmahamad, 47 ans, et résidant dans la Capitale, a disparu vers 19 h 45. En mars 2012, une Pakistanaise, fille d’un opérateur d’Ambanja, est enlevée en plein jour à Tana. Et plus grave, les Français Johanna Delahaye et Gérald Fontaine, portés disparus depuis le 12 avril 2012, ont été tués après s’être rendus sur une plage isolée à une dizaine de kilomètres de la ville. Citons encore François Raphaël, un patron d' »Henri Fraise« ,  a été victime d’un kidnapping, juste à quelques centaines de mètres de son domicile en avril 2013. Les kidnappings répétés et l’assassinat de Français en 2012 et 2013 sont très alarmants. Les autorités et les forces de l’ordre, en particulier, doivent en prendre conscience. La disparition de l’insécurité dépend de leur efficacité parce qu’il n’y a pas plus mauvaise publicité pour le pays que ces séries de kidnappings.

Zo Rakotoseheno

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