Quelle solution au bras de fer ?

Les syndicats des domaines entrent en grève pour revendiquer la levée de la suspension de l’attribution des terrains domaniaux. Le mouvement a quelque peu surpris et pris de court le public  parce qu’il intervient à un moment où les préoccupations sont aux effets catastrophiques de la saison des pluies. Les syndicats des domaines ne sont pas, en vérité les seuls en effervescence parce que les employés du Trésor, DG en tête,  se lèvent aussi  contre la volonté du gouvernement, en l’occurrence,  quelques-uns de ses membres, de vouloir débloquer au Trésor des fonds de sociétés à participation de l’Etat équivalent à 34 milliards d’Ariary.

Quelle solution au bras de fer ?

             La loi ne serait-il pas encore assez claire pour qu’on tente de la contourner. « Le Trésor Public, représenté par son Directeur Général, est le représentant es-qualité de l’État actionnaire. À cet effet, il est le seul représentant de l’État actionnaire dès l’Assemblée Générale constitutive jusqu’à la liquidation de la société à participation de l’État». Ceux qui demandent de l’argent au Trésor ne seraient, contrairement à la loi, ni chargé de la tutelle financière ni de la tutelle technique des sociétés à participation publique concernées. C’est au nom de l’orthodoxie financière et de la bonne gouvernance que les employés du Trésor se sont mobilisés contre le déblocage envisagé. L’Exécutif  n’a pas encore répondu à la levée de bouclier. Mais est-il cependant normal  de se mettre en travers du pouvoir  régalien et de la souveraineté de l’Etat qui a décidé pour atteindre les objectifs de développement qu’il s’est fixé de débloquer des fonds auprès du Trésor public ? Il ne faut pas oublier  que la décision de déblocage a été consentie  en Conseil des ministres.  Le Trésor public se dresse parce que la décision foulerait une loi au pied. Vrai ou faux ? Il semble par conséquent nécessaire que l’Exécutif revienne en arrière pour le respect des  procédures  qui lui permettra à la fois de se conformer  à la loi et de débloquer les fonds dont il a besoin.  Le pouvoir veut  instaurer la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Il ne doit pas par conséquent  minimiser le Trésor public dans son rôle de gestion des fonds, des titres et des valeurs publics. Quoi qu’il en soit, le bras de fer doit trouver une solution qui ne diminue pas la crédibilité de l’Etat devant le public.  Pendant la Transition, les abus auprès du Trésor public,  ont grandement  affaibli l’image de l’Etat. Il y a eu des moments où le paiement des salaires des fonctionnaires et les pensions de retraite ont accusé du retard. Cela a suscité par le passé beaucoup de méfiance envers l’Etat.  Aussi la défense de la bonne gouvernance est la bienvenue. Et ce, même si elle ne doit pas, dans ce cas précis, être un facteur de blocage des initiatives du gouvernement pour les réformes.

Zo Rakotoseheno

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