Sonnette d’alarme

Le collectif Tany  pour la défense des terres malgaches estime que « le nouveau code minier ne doit pas sacrifier le peuple malgache pour plaire aux investisseurs ». Le texte ne servirait, d’après l’association, que les intérêts des sociétés minières, au mépris des intérêts supérieurs de la Nation malagasy.  Le Collectif Tany rejoint la conférence des Evêques qui s’oppose à la tenue du grand événement que prépare en ce moment le gouvernement. Il serait prévu de présenter ce nouveau code aux investisseurs du monde entier au Salon International sur les Mines et le Pétrole de Madagascar du 23 au 25 septembre 2015.

Sonnette d’alarme

Le Collectif tire la sonnette d’alarme  parce que le  Code minier et sa Loi sur les Grands Investissements Miniers accorderaient déjà des avantages importants aux sociétés minières et pétrolières et ne laisseraient que des miettes à l’Etat, aux collectivités décentralisées et aux communautés locales. Il se dresse résolument contre l’avant-projet du futur code qui remplacera ces deux textes de loi en vigueur parce qu’il constate que celui –ci fait de la surenchère en cédant encore plus aux grands investisseurs, nationaux et étrangers, au mépris de l’intérêt national. Il attire l’attention sur le premier article de cet avant-projet de code minier qui stipule que « Nul titulaire de permis minier ne peut s’installer ou procéder à une quelconque opération d’extraction [dans le cadre de l’activité de recherche ou de l’activité d’exploitation] sur un site inclus dans son périmètre minier sans être propriétaire [foncier] du site ou, à défaut, sans avoir épuisé la procédure d’identification et d’information des propriétaires et convenu de contrat de bail ou d’autre accord avec les propriétaires fonciers ou avec les autorités locales ». Le collectif Tany relève dans cet article que les sociétés minières, notamment étrangères et transnationales, deviennent propriétaires des terres, au lieu de se contenter d’extraire le produit du sous-sol pour une durée limitée dans le temps. Il pense que si cet article de l’avant-projet est maintenu, seuls les nationaux très riches et les sociétés étrangères pourront entreprendre des activités minières.  Après avoir relevé les incohérences de ce document qui minimise les intérêts nationaux par rapport à ceux étrangers,  le Collectif Tany rejette ce code minier qui risque de légaliser le bradage des ressources minières. Il revendique en conséquence un moratoire sur la délivrance de permis miniers pendant un délai indéterminé ainsi que la refonte de l’Avant-projet de Code Minier avec la mise en place d’un groupe de travail plus formel, participatif et inclusif pour l’examiner. Au bout du compte, la question de la terre a toujours été très délicate et complexe. En vérité, la majorité de la population a du mal à suivre voire ignore l’évolution des textes de lois sur le foncier faute de consultation et de transparence dans leur élaboration. Les conflits deviennent inévitables parce que la population ne conçoit pas depuis la monarchie que l’on puisse céder la terre aux étrangers.

Zo Rakotoseheno

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7 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Hery Rajaonarimampianina veut avoir beaucoup d’argent pour combler ses défaillances de gestion, atteindre ses résultats et surtout disposer des mêmes moyens que ses principaux concurrents pour 2018 …
    Seule issue : brader ADEMA, Jirama, modifier sans consulter les codes foncier et minier … Les grèves du service des Domaines et fonciers sont éloquents …
    D’où ces grèves ponctuels de tous les secteurs minant l’économie : Trésorerie, Domaines, Air M/car, ADEMA, SECES, Etudiants, …
    D’où ces votes de motions de déchéance et de censure en 2 mois …
    D’où ces doléances des associations défendant l’intérêt général,
    D’où ces abstentions massives lors des élections municipales,
    D’où les supplications des étudiants malagasy boursiers à l’étranger : en Chine, au Maroc, …
    D’où ces insécurités chroniques …

    Y a de quoi se poser des questions.
    Mais où allons-nous ? Plus on avance, plus la ligne d’arrivée s’éloigne …

  2. En voilà un qui vendrait terre et dignité pour des  » emplois », malgré que  » ces emplois emmenés par ces  » investisseurs » vont procurer pollution et autres désagrément,
    MBA mahaiza miavona ry anona, tsy Izao karazan- javatra avy any ivelany akory dia « tsara » doly hoan’ Malagasy,
    Refa tsy mahita atao dia ndana mamboly,
    « Des rêveurs et fossoyeurs »
    J’en reviens pas!!! C’est le jeu du  » qui s’est qui creusera sa tombe en premier? »

  3. Par pitié, ne confondez pas la culture et la fierté d’appartenir à un peuple qui se reconnaît par sa langue et ses traditions (et qui ne fait pas de différence entre cheveux raides ou crépus…) et ce qu’il est convenu d’appeler le nationalisme, source de deux guerres mondiales au 20ème siècle, les plus « tueuses » que l’humanité ait connues. Le nationalisme est une lèpre de la pensée et une peur imbécile de l’autre. Depuis la naissance du 21ème siècle, et cela avait heureusement commencé avant avec l’abandon des idéologies mortifères (une pensée pour la Corée du Nord et son nain dictateur), la mondialisation s’impose. Ce mot, n’est pas un gros mot ! S’ouvrir aux autres, accepter les différences, accueillir, se montrer curieux et gourmands des autres langues, des autres cultures, des autres êtres humains (et peu importent la couleur de peau, la religion, la façon de s’habiller… etc.) tout cela est bien. Mondialisation n’est pas synonyme d’exploitation de l’homme par l’homme (même si celle-ci existe encore). Je vote pour la liberté de l’esprit et l’utopie.

  4. En ma connaissance il n’y a aucun pays développé qui ne soit passé par le nationalisme. Et il y a aussi des symboles qui font rappeler notre appartenance, culture et développement vont bien ensemble heureusement, mais c’est l’incompétence de nos dirigeants, devenus esclaves de l’argent, qui a conduit le pays jusqu’au point ou rien ne semble plus important que l’argent.
    Je suis un rêveur et la plupart de mes rêves se sont réalisés
    Le plus mal dans tout ca c’est qu’on continue à détruire notre identité

  5. Cher Menalahy, pouvez-vous me citer une mine rentable et non clandestine, sur la planète, qui appartienne à un petit exploitant ? Pour de simples règles de sécurité, une mine ne peut qu’appartenir à une société ouverte au marché international (en toute légalité, bien entendu, et pourquoi pas fondée par des Malgache). Et, à cet égard, l’exemple d’Ilakaka est effectivement symbolique mais pas au sens où vous l’entendez. Pouvez-vous me donner le nom du « fils de » qui a capté l’essentiel des terres minières d’Ilakaka avec l’étroite complicité de l’armée malgache, de Thaïlandais et de Sri Lankais en situation irrégulière qui, le comble, se promenaient avec un revolver à la ceinture comme au Far-West du 19e siècle, aux USA. Je l’ai vu de mes yeux vu à la fin des années 90. Prouvez-moi le contraire ! Le papa du « fils de » prétend avoir de la mémoire. Il vient d’en faire un livre… Quant aux pauvres ouvriers malgaches d’Ilakaka, malades de la « fièvre de l’or », ils se sont agglutinés à Ilakaka (et ailleurs !) avec le fol espoir de gagner au gros lot. Il y a des esclaves très consentants, parfois…
    Il ne s’agit pas de « brader le pays » : cet argument sans fondement permet à beaucoup de Malgaches de ne jamais rien faire, de ne jamais rien changer, de ne jamais comprendre qu’ils sont au 21ème siècle et non au 19ème.

  6. Brader le pays semble être la solution adoptée par tous les dirigeants, depuis 54 ans, pour attirer les investisseurs étrangers. N’y aurait-il pas un moyen de favoriser également les petits exploitants miniers pour rééquilibrer la balance ?

    L’exemple d’Ilakaka est très symptomatique de la non-prise en compte des intérêts des nationaux qui deviennent de simples ouvriers face aux grands propriétaires des terrains miniers.

  7. La fameuse terre des ancêtres ! Hé bien, ils ne doivent pas trop aimer les jeunes générations malgaches, ces ancêtres-là, pour inspirer une vision aussi rétrograde et improductive du sol. Ce n’est que de la terre, de la roche et, parfois, quelques diamants, un peu d’or, des « terres rares » et autres quartz oui schistes bitumeux. Faut se calmer ! Les 3/4 du sol malgache sont en jachère, la déforestation en a accéléré la désertification, la bonne terre arable s’échappe au fil des décennies par les fleuves et alimente l’océan Indien qui n’en demande pas tant. Halte à cette vision étroitement nationaliste qui pue la mort. Le respect des ancêtres est dans les coeurs ! Pas dans le sous-sol. Et si l’exploitation de ce dernier crée des emplois, alors bravo, mille fois bravo ! Et ceux qui s’y opposent (avec de beaux arguments culturels et écologiques etc…) ne sont que des fossoyeurs. Au mieux des rêveurs.

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