Marge de manœuvre étroite pour les autorités

En interdisant aux syndicats l’accès du jardin d’Ambohijatovo, l’O.M.C. ou Organisation Mixte de Conception donne un certain crédit aux rumeurs de déstabilisation qui courent depuis plusieurs jours à Tana. Cet organisme a joué la subtilité en leur attribuant le stade d’Alarobia pour leur meeting du 1er mai. A présent, qu’on le veuille ou non, une angoisse sourde est en train d’envahir une population fragilisée par les épreuves qu’elle subit depuis l’avènement du régime du président Rajaonarimampianina.

Marge de manœuvre  étroite pour les autorités

Les propos tenus par le général Florens sur une station de radio privée de la capitale sont on ne peut plus clair : «  Lui et ses hommes sont prêts à toute éventualité ». Il mettra autant de personnel que nécessaire pour empêcher d’éventuels troubles à l’ordre public. Ce ton ferme employé par le C.I.R.G.N. laisse penser qu’il préfère prendre les devants. Les organisateurs de la manifestation qui devait se tenir au stade de la démocratie ont diffusé des spots publicitaires  rameutant la population et l’incitant à venir joindre leur voix à celles des syndicats. Et comme dans tous les rassemblements populaires, ils ont voulu égayer leur message en mettant en avant la participation de grandes vedettes de la chanson comme Melky ou Rossy.  Ils ne pourront donc pas prononcer des discours enflammés contre la corruption dans ce lieu qui est emblématique et d’où a été lancé le mouvement ayant renversé le président Marc Ravalomanana en 2009. Nul ne sait si ces derniers ne vont pas braver l’interdiction de pénétrer dans ce jardin d’Ambohijatovo. On sait qu’un  cortège s’ébranlera devant la bibliothèque nationale et terminera sa marche devant le stade annexe de Mahamasina. Il sera certainement très surveillé par les forces de l’ordre qui seront sur le qui-vive à proximité. Ces marcheurs ont affirmé qu’ils ont exprimé le désir de se réunir dans le stade annexe, mais qu’ils n’en avaient  pas encore obtenu l’autorisation. La balle est donc maintenant dans le camp des autorités qui vont devoir juger des risques de désordre encourus. La marge de manœuvre de ces dernières est très étroite car il est difficile de connaître les intentions des uns et des autres.

Patrice RABE

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