Surligneur

Ban Ki-Moon foulera le sol malgache cet après-midi. Une visite officielle qui s’inscrit dans le cadre de son voyage dans l’Océan Indien où il a déjà visité les Seychelles et l’île Maurice. A Madagascar, il ne manquera pas de s’adresser, comme il l’a fait aux Seychelles, aux parlementaires.

Surligneur

Le régime n’a pas manqué de mettre en évidence, au surligneur et ce, à plusieurs reprises, une lecture à donner à cette visite du Secrétaire général de l’ONU : une reconnaissance de plus pour la Grande Ile, après son retour dans le concert des nations. Le quidam de la rue, lui, a une toute autre lecture de cette visite qui intervient sur fond de tensions politico-sociales. Il y voit, certes, une facette positive, car « c’est malgré tout un honneur de recevoir sur son sol un tel ‘olobe’ », mais il ne peut s’empêcher de soupçonner un objectif « beaucoup plus obscur » qui n’a rien de bénéfique pour Madagascar. Si ce lycéen, à qui l’on a posé la question, répond «il vient nous dire de laisser tomber les îles éparses », ou qu’un auditeur d’une radio privée maintient que le SG de l’ONU ne vient pas chez nous seulement pour nos beaux yeux, il est évident que le surligneur n’a pas été suffisamment… fluorescent.

En ce jour J d’arrivée de Ban Ki-Moon, les contestations en tous genres sont particulièrement en ébullition. Il ne s’agit sans doute pas d’un hasard du calendrier, a-t-on entendu, hier, dans les travées de la Chambre Basse, pour dire que ces mouvements de grève sont destinés à ternir l’image du régime aux yeux de « son » illustre invité. Aux inspecteurs du travail, enseignants FRAM, déjà montés au créneau et qui durcissent leur mouvement de grève, s’ajoutent maintenant les paramédicaux qui brandissent, eux aussi, une menace de grève. Est-ce manquer de bon sens que de croire que le SG de l’ONU n’est pas au courant de la situation de pauvreté, d’insécurité, de corruption, dans laquelle se trouve Madagascar ? En tout cas, dans cette atmosphère délétère qui ne présage rien de bon pour l’avenir, proche ou lointain, de la Grande Ile, le Malgache, lui, continue de suer sang et eau pour trouver de quoi manger à sa faim, se vêtir, se soigner, éduquer ses enfants, bref, survivre… Bien loin de toute cette agitation autour de la visite d’un illustre invité au nom marqué… au surligneur.

Hanitra R.

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