La fête, oui, mais à quel prix ?



Jacaranda

Les Tananariviens sont maintenant entrés de plain-pied dans la préparation de la fête nationale ou du moins on les a forcés à se mettre au diapason des organisateurs des festivités qui animent les artères de la capitale. La majorité de la population se sent contrainte de participer à ces spectacles et de passer devant ces stands installés un peu partout dans la ville.

La fête, oui, mais à quel prix ?

Cette année, l’atmosphère ambiante ne prête pas à rire et les Malgaches n’ont pas comme chaque année aménagé leur programme en fonction de cette célébration du 26 juin. Les autorités ont décidé de leur offrir des podiums attrayants avec des stars de la chanson et un carnaval haut en couleurs. Mais ces festivités ont un prix puisqu’elles provoquent cohues et embouteillages dans tous les coins de Tana. Pour les mères de famille et les enfants, mais aussi les travailleurs, ce sont des désagréments sans fin dans tous les endroits. Sans parler de l’insécurité qui augmente avec la prolifération des pickpockets particulièrement actifs au milieu d’une foule obligée d’avancer vaille que vaille. La population comme d’habitude est stoïque et elle subit sans broncher. La légendaire patience des Malgaches permet à ces derniers de ne pas céder à l’énervement. Ils suivent, comme on le dit familièrement, le mouvement et une fois qu’ils auront pris le pli, ils trouveront le moyen de s’adapter à la situation et d’en tirer le meilleur parti. A moins de dix jours du 26 juin, les autorités font tout pour ranimer un enthousiasme défaillant. Mais le régime qui a retrouvé le moral après les bonnes nouvelles de ces derniers jours n’est pas avare d’idées. Il va, à n’en pas douter, intensifier sa campagne de promotion des festivités du 26 juin. Il va certainement mettre le paquet pour essayer de distraire petits et grands. Mais en dehors des concerts et du traditionnel feu d’artifices du 25 juin, que va-t-il pouvoir proposer ? Nul ne le sait, mais gageons qu’il fait tout pour redonner aux Malgaches le goût de la fête.

Patrice RABE

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