Une tentative de sauver ce qui peut l’être

La scène politique malgache, aujourd’hui plus qu’hier, est le théâtre de ces retournements de vestes et de ces conduites mesquines qui ne grandissent pas leurs acteurs. Quand il y a péril en la demeure, les politiciens n’hésitent pas à essayer de redorer leur blason en se fondant dans un groupement au sigle ronflant, mais qui ne trompe personne.

Une tentative de sauver ce qui peut l’être

La plate-forme politique qui a vu le jour samedi dernier n’a, semble-t-il, pour but que de préserver les intérêts de ceux qui l’ont constituée. Ce « F.F.T. » rassemble des députés et des ministres qui se présentent comme des défenseurs inconditionnels du régime du président Hery Rajaonarimampianina. Ayant eu vent d’un remaniement au sein du gouvernement ou d’une motion de censure au parlement, ils ont pris les devants et ont décidé de montrer leur soutien indéfectible au chef de l’Etat. La manœuvre n’est pas très subtile, mais pour ceux qui l’ont initiée, il s’agit de sauver ce qui peut l’être. En se présentant comme des collaborateurs fidèles du régime, ils espèrent recevoir la gratitude du chef de l’Etat. Ce soutien n’est bien sûr pas gratuit et ils comptent bien bénéficier de postes en rapport avec ce qu’ils ont fait. Ces hommes politiques ne pensent évidemment pas à l’opinion qu’a d’eux la population. En fait, cette dernière est totalement désabusée et, à la limite, n’attend plus rien d’eux. Néanmoins, elle est quand même une spectatrice sévère de ce jeu malsain auquel se prête ce personnel politique peu scrupuleux. Les citoyens malgaches, même s’ils paraissent indifférents, n’oublient pas ce qu’ils voient et ils s’en souviendront lors des prochaines échéances électorales. Ce qui compte pour ces politiciens, c’est l’urgence du moment. Il leur faut à tout prix sauver leur poste, mais il reste à savoir si le chef de l’Etat va, en dépit de cette tentative désespérée, leur faire encore confiance.

Patrice RABE

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Ils tiennent à leurs « chaises » mais d’un côté, il faut éviter les troubles surtout dans un pays déjà très affaibli par 50 années de crises politiques… Si on peut encore appeler cela « crise » évidemment. FFT ou autre, le régime en place a besoin de soutien. Renverser Rajao ne sera en aucun cas positif, sauf pour ceux qui l’auront démis de ses fonctions, en l’occurence, ceux qui ne sont pas à la tête du gouvernement et qui veulent leur part du « butin », le peuple sera toujours la proie des portefeuilles.

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