Rétablir la confiance entre l’Etat et les citoyens


La limite du supportable a été aujourd’hui atteinte après cette longue série d’incidents qui ont souvent entraîné la mort d’individus soupçonnés de crime et de délits, mais très vite relâchés. Madagascar est aujourd’hui pointée du doigt pour la banalisation de la justice populaire. C’est aujourd’hui le rapport de confiance entre les citoyens et l’autorité censée les protéger qui est totalement biaisé.

Rétablir la confiance entre l’Etat et les citoyens

La vindicte populaire fait de plus en plus de victimes et elle tend à se généraliser car la population a tendance à se faire justice elle-même. Cette dernière manifeste une certaine défiance vis-à-vis des autorités qu’elle accuse d’être particulièrement tolérantes envers les malfaiteurs pris en flagrant délit. Tous ces délinquants qui sont relâchés et qui recommencent leurs méfaits provoquent une véritable frustration des justiciables. La réaction de ces derniers est excessive et entraîne de véritables émeutes dans les coins les plus reculés de l’île. Les forces de l’ordre qui représentent l’autorité ne sont plus respectées et elles sont depuis quelque temps régulièrement assiégées dans leurs locaux. Les pouvoirs publics ont jusqu’à présent laissé faire et malgré les renforts envoyés pour ramener le calme, la situation n’est jamais revenue à la normale. Elle s’est même aggravée comme le montrent les manifestations populaires qui ont eu lieu en province. C’est aujourd’hui l’autorité de l’Etat qui est ébranlée et la confiance des citoyens dans son rôle protecteur est remise en cause. Cette banalisation de la justice populaire est un des signes de la perte de crédibilité de nos dirigeants. Ces derniers ont décidé de réagir après l’émeute qui a eu lieu hier à Vangaindrano. Les unités présentes sur place ont réagi fermement et leur chef a soutenu que force devait rester à la loi. Cette attitude survient peut être tardivement, mais elle a le mérite de remettre les choses à leur place. Cela suffira-t-il à rassurer la population ? Qui vivra verra.

Patrice RABE

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