Zafy Albert, un homme de principe et de conviction

C’est un vendredi 13 qu’il nous a quittés, la veille du 14 octobre, date de proclamation de la première République en 1958. Le professeur Zafy Albert a vécu comme beaucoup de Malgaches de sa génération avec enthousiasme cet événement  qui l’amènera certainement par la suite à s’engager activement  dans la politique. Celui qu’on appelle le père de la troisième République n’a jamais accepté les compromissions et a, à cause de cela, été victime des manœuvres qui ont amené à sa destitution.

Zafy Albert, un homme de principe et de conviction

L’histoire retiendra la droiture et le  sens de l’Etat du professeur Zafy Albert. C’est cet état d’esprit qui l’a amené à  s’engager activement en politique durant la période socialiste. Il n’a cependant pas pu se défaire de la chape de plomb que faisait régner le régime Ratsiraka sur la vie politique malgache. Il n’a jamais caché son aversion à ces pratiques. Et quand les manifestations populaires ont commencé en 1991, il a tout de suite rejoint le mouvement. C’est tout à fait normalement qu’il en est devenu le leader. Nommé candidat des forces vives face à Didier Ratsiraka lors de l’élection présidentielle de 1992, il fut élu assez largement face à son adversaire. Un référendum fut organisé dans la foulée pour valider la Constitution de la troisième République. Il fut un homme de principes, peu enclin à entrer dans les combines politiques qui eurent cours dans la classe politique et qui eurent raison de son intransigeance. Destitué par une sorte de coup d’Etat parlementaire, il a préféré se retirer sans faire de coup d’éclat. Lorsqu’il s’est représenté 1996 à l’élection à la magistrature suprême face à Didier Ratsiraka, il fut battu. Mais beaucoup d’observateurs ont noté de nombreuses anomalies dans le scrutin. Il n’a, comme à son habitude, émis aucune protestation et s’est retiré sans faire d’esclandre. Bien que retiré de la vie politique active, il n’a jamais cessé de dire ce qu’il pensait de la conduite des affaires nationales par ses successeurs. Il est toujours resté fidèle à ses opinions,  militant pour la mise en place d’un véritable fédéralisme à Madagascar. Il a toujours affirmé que le pays avait besoin de l’instauration d’une réconciliation nationale. C’est une grande figure de la politique malgache qui nous a quittés et qui laisse un grand vide.

Patrice RABE

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