L’île heureuse devenue l’île du désespoir



Jacaranda

On l’appelait l’île heureuse, mais aujourd’hui, Madagascar n’est plus qu’une île où les habitants sont en plein désespoir. La vie n’a jamais été aussi dure pour des Malgaches dont le pays est considéré comme l’un des plus pauvres du monde. Ses dirigeants, pour le moment, adoptent un profil bas et sont conscients de la gravité de la situation. Mais jusqu’à présent, ils se murent dans un silence qui devient de plus en plus pesant.

L’île heureuse devenue l’île du désespoir

Madagascar était l’un des pays d’Afrique les plus prospères dans les années soixante. La Grande Ile était considérée alors comme la locomotive du continent africain. La lente descente aux enfers s’est produite à partir des années soixante- dix et le virus de la division a touché la classe politique. Une économie qui pouvait devenir florissante a très vite périclité. Il est vrai qu’elle ne pouvait ne pas subir les contrecoups d’une crise mondiale provoquée par le choc pétrolier de 1973. Néanmoins, la démesure du régime Ratsiraka avec ses investissements à outrance et ses nombreux éléphants blancs a précipité le marasme ambiant. Les mouvements populaires de 1991 ont amené au pouvoir le président Zafy Albert qui n’a pas pu éviter les chausses trappes des politiciens sans scrupules. Le retour à la tête du pays n’a évidemment rien résolu et la crise de 2002 a failli entraîner la nation dans le gouffre. L’accession de Ravalomanana au sommet de l’Etat a donné un nouvel élan à une économie moribonde. L’attitude de ce président intransigeant a entraîné sa chute et l’installation du régime insurrectionnel d’Andry Rajoelina. La paupérisation du pays s’est accélérée, mais l’élection présidentielle de 2013 avait permis d’espérer un véritable renouveau. Avec Hery Rajaonarimampianina, pourtant, il n’y eut pas ce décollage tant désiré. Son régime n’a pas tenu les nombreuses promesses qu’il a faites. Le pays a périclité et est classé parmi les plus pauvres du monde. On l’appelait l’île heureuse et elle est devenue l’île du désespoir.

Patrice RABE


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  1. A méditer : Les « éléphants blancs  » de Mr RASTIRAKA ont servi à beaucoup de bâtir des fortunes en privatisant des investissements publics devenus privés et vendus à un ariary symbolique … Ces mêmes fortunes indo pakistanaises qui se plaisent à être classé dans FORBES et qui se disent self made man …

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