Une série de promotions qui n’étonne pas


Jacaranda
Banky Foiben'i Madagasikara

L’année 2017 se termine par une cascade de promotions au sein des forces de sécurité. Ce sont les piliers de la stabilité de l’Etat qui ont bénéficié d’un avancement en grade montrant ainsi leur importance aux yeux du régime. Cela s’est certainement fait dans la perspective de 2018, année où ces éléments armés joueront un rôle essentiel pour assurer cette stabilité tant vantée par le chef de l’Etat et le Premier ministre. Les félicitations et les remerciements des nouveaux promus se sont multipliés sur les réseaux sociaux.

Une série de promotions qui n’étonne pas

Cette série de promotions au sein de l’armée, de la gendarmerie et de la police n’étonne pas outre mesure. Tous les régimes qui se sont succédé ont toujours procédé ainsi. Ils ont toujours su ménager l’amour propre de ceux qui sont là pour assurer la sécurité des biens et des personnes et pour prévenir les troubles. Aujourd’hui cependant, ce rôle est plus important que jamais, car le contexte sociopolitique est délicat. Le régime doit tenir compte de la frustration d’une population confrontée à une précarité de plus en plus grande. Dans le même temps, il est comptable de la recrudescence de l’insécurité qui ruine tout son crédit. Le dialogue politique qu’il voudrait instaurer connaît de plus en plus de difficulté car ses interlocuteurs de l’opposition et de la société civile doutent de sa sincérité. Le contexte sociopolitique s’annonce donc incertain à l’orée de cette nouvelle année. Toutes ces promotions permettent au régime de s’assurer un appui certain des responsables des forces de sécurité. Pour le moment, il n’y a pas de signes avant coureur de troubles, mais on ne peut jurer de rien, car les Malgaches savent endurer les épreuves, mais ils n’oublient pas ce qu’ils ont subi. La campagne présidentielle va bientôt commencer et les candidats potentiels ne manquent pas. Ceux qui seront qualifiés ne manqueront d’égratigner l’actuel chef de l’Etat et de parler de son bilan. La situation sera certainement tendue. C’est donc à raison que le régime ne veut pas se mettre à dos ces forces de sécurité.

Patrice RABE


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