Une alternative au crime

Jacaranda

60%, ou presque, des femmes malgaches n’utilisent aucune méthode de contraception dite moderne. En 2018, le taux de prévalence des contraceptifs modernes à Madagascar est de 40,9%, selon les données du projet mondial de planification familiale FP2020. En d’autres termes, si 60% des femmes n’ont recours à aucune méthode moderne, pour les 40% restantes, il y a deux possibilités : soit elles n’utilisent aucune méthode de contraception, soit elles utilisent des méthodes de contraception qui ne font pas partie des méthodes dites modernes. En plus clair, parmi les 60%, beaucoup restent toujours exposées aux grossesses non désirées, avec des conséquences plus ou moins importantes, dont l’une des plus désastreuses est l’IVG clandestine. Car l’avortement est un crime à Madagascar.

Une alternative au crime

L’IVG clandestine est, justement, un fléau bien connu des services de maternité et des CSB. Elle aboutit parfois à des situations tragiques : des anatomies disloquées qui vont jusqu’à infertilité permanente et irréversible, voire au décès. Des vies brisées, des femmes parfois abandonnées par leur propre famille, des enfants devenus orphelins du jour au lendemain, etc… Des jeunes filles ou des femmes mariées optent pourtant pour la démarche clandestine faute d’avoir pu « anticiper » tout en n’ayant pas la force d’assumer, souvent seules, une grossesse non désirée. L’une des principales raisons du blocage à l’usage de contraceptifs modernes est le conjoint, affirment les professionnels de santé spécialisés dans la planification familiale. Le manque d’information, qui fait craindre l’inconnu, mais également les rumeurs viennent consolider la tendance au refus des contraceptifs. « Ces choses provoquent le cancer » ; « Les contraceptifs favorisent l’infidélité des femmes », etc… Des arguments – d’un autre âge, ou pas – entendus bien des fois par les prestataires de santé. Mais n’y a-t-il donc aucune alternative possible pour éviter ce que les opposants à l’IVG appellent le massacre de fœtus ? Bien sûr que si. Ces méthodes de contraception ne faisant certes pas partie de celles dites modernes, et considérées comme moyennement efficaces, fortement encouragées par nombre d’institutions religieuses, ont sorti beaucoup de femmes, de couples et de familles, de bien de mauvais pas. En attendant que le pays atteigne son objectif d’augmenter le taux de prévalence contraceptive moderne à 50% en 2020, les méthodes autres que celles dites modernes ne sont peut-être pas encore complètement « has been » ?

Hanitra R.

Telma Fibre Vibe

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