Le traitement d’un événement jusqu’à l’écœurement

L’hommage fait au président Jacques Chirac est amplement mérité. Depuis l’annonce de sa mort, les chaînes de télévision françaises ont bouleversé leur programme pour faire des éditions spéciales et diffuser en continu témoignages, hommages et commentaires. Les reportages faits par de grands journalistes sont diffusés en boucle. La presse écrite n’est pas en reste. C’est le propre des chaînes d’information en continu de se fixer sur un sujet d’actualité quitte à y revenir jusqu’à indisposer les téléspectateurs et quitte à négliger des événements graves et pouvant avoir des conséquences importantes.

Le traitement d’un événement jusqu’à l’écœurement

La mort de Jacques Chirac a touché les Français, mais elle a aussi affecté des Malgaches. Les chaînes d’information françaises ont consacré toutes leurs éditions à l’événement. A Madagascar, les journaux télévisés lui ont consacré une part non négligeable. Mais, l’actualité nationale a vite pris le dessus. En France, les éditorialistes et les commentateurs se sont succédé durant ces deux jours sur les plateaux pour parler de l’ancien président et évoquer souvenirs et anecdotes. C’est le propre de ces chaînes de mettre le paquet sur un sujet de cette importance quitte à indisposer les téléspectateurs. Avant l’annonce du décès de l’ancien président, c’est sur l’incendie de l’usine Seveso de Rouen que toutes les caméras étaient braquées, puis malgré la gravité de l’incendie, l’événement a été délaissé, entraînant des  remarques acerbes de certains citoyens qui ont fait remarquer que la situation était en train d’empirer. Mais il y eut juste de petits rappels de temps en temps. Et pourtant, les habitants autour du site ont été évacués. On parlait d’un nuage de fumée de plusieurs kilomètres. Aujourd’hui, les déclarations du préfet de région se veulent rassurantes et plus personne ne s’inquiète de l’évolution de la situation. C’est le propre du traitement de l’actualité fait par les chaînes d’information en continu. L’émotion prend la place de la sécheresse des faits. C’est une nouvelle forme de télévision qui existe aujourd’hui.

Patrice RABE.

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