Loin des yeux, loin du cœur

Des populations entières souffrent d’insécurité alimentaire dans le Sud de Madagascar. Mais dans le monde, on en parle peu, du moins, en 2019 si l’on en juge par le rapport de l’ONG CARE International qui a analysé le traitement dans la presse des crises humanitaires dans le monde. Une triste première place pour Madagascar et la crise alimentaire qui prévaut dans le Sud, au chapitre des crises humanitaires les moins médiatisées.

Loin des yeux, loin du cœur

Parmi les 10 crises humanitaires les moins traitées dans la presse dans le monde, neuf concernent l’Afrique, dont au moins quatre, liées aux conséquences du changement climatique. La vulnérabilité de l’Afrique et des pays du Sud face aux impacts du réchauffement climatique se confirme. Mais les presque 25 millions de personnes concernées par ces 10 crises humanitaires « souffrent en silence », comme le rappelle l’intitulé du rapport de l’ONG CARE. Le sujet, visiblement, ne retient pas suffisamment l’attention des médias internationaux, contrairement aux crises humanitaires liées à des conflits comme celui qui touche la Syrie, objet de centaines de milliers d’articles en une année. C’est certain, les considérations géopolitiques et la loi de proximité ne jouent pas en faveur des victimes des crises humanitaires les plus « oubliées ». Souffrant loin des regards, ces millions de personnes vivent pourtant des crises humanitaires qui, malheureusement, s’inscrivent dans la durée. Mais le peu d’échos dans les médias sur ces faits ne favorisent pas les élans de solidarité, ni n’incitent à la mobilisation des décideurs, encore moins ressources pour mettre un terme à ces crises. Dire que dans ce cas, « loin des yeux, loin du cœur »  serait-il un raccourci ? En tout cas, d’après les études réalisées sur les sujets les plus traités dans les médias, le changement climatique, pourtant considéré par plusieurs magazines d’information internationaux à fort tirage, comme « le » sujet le plus important du monde, reste occulté par d’autres. Sauf peut-être lorsqu’il s’agit de parler de climato-sceptiques célèbres. Mais gardons-nous de faire un… raccourci. Juste considérer les faits. Ces faits si sacrés à la profession, si les commentaires, eux, sont libres, comme disait la maxime de Beaumarchais.

Hanitra R.

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