Chapeau Professeur !

13 octobre 2017 – 13 octobre 2020. Il y aura trois ans demain que le Professeur Zafy Albert s’en est allé en laissant en héritage la démocratie, le bien qui a le plus de valeur dans une République.

Chapeau Professeur !

« Père de la Démocratie et de la Réconciliation Nationale ». C’est ainsi que l’illustre défunt est présenté dans l’invitation à l’inauguration de la stèle et de l’exposition en sa mémoire qui aura lieu demain au jardin d’Ambohijatovo, censé devenir ou plutôt redevenir le terreau de la démocratie. Celle-là même qu’il avait instaurée en 1993 même si cela devait lui coûter son mandat interrompu avant terme en 1996. Soit au bout de 3 ans de Troisième République dont il était aussi le Père fondateur avec la Constitution du 18 septembre 1992 qu’on lui avait reproché d’avoir violé pour non promulgation de lois dans le délai prescrit. L’autre grief, retenu contre le Prof. fut le rattachement de l’Inspection générale de l’Etat à la Présidence. Deux péchés véniels qui avaient amené l’Assemblée nationale et la HCC à « excommunier » le président Zafy Albert, un fervent catholique qui avait la foi en la démocratie. Au point de se laisser quasiment insulter pendant 5 heures au cours d’une conférence de presse au vieux Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra qu’il avait préféré aux fastes de celui d’Iavoloha. Il s’était également abstenu de recourir au pouvoir de dissolution de l’Assemblée nationale dominée, au moment de l’empêchement, par une majorité de « Olom-boavidy », pour reprendre sa propre expression. Et ce n’est pas un ancien élu dans le Nord, toujours en vie mais plus jamais réélu, qui peut s’inscrire en faux contre cette qualification de « vendus » car il était l’intermédiaire entre un groupe de députés et un ex-ministre, aujourd’hui disparu, qui servait à l’époque de bailleur de fonds. Le Prof. aurait pu faire capoter l’opération en se livrant à de la surenchère auprès d’un certain nombre de « Olom-boavidy », mais la culture de la corruption n’était pas sa spécialité. Il avait aussi la possibilité de rendre son tablier et provoquer des élections anticipées, devançant du… coup la HCC qui ne pouvait plus empêcher un président démissionnaire. Démocrate, il ne fit rien de tout cela comme il s’était… empêché de contester son empêchement. Chapeau à l’homme au « satroka penjy ».

  1. R.O 
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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Devinez qui a orchestré la destitution ? Attention, il est encore dans les coullisses du pouvoir !

  2. C’est le seul Président qui osé et s’est fait massacré pour un démocratie parlementaire!
    C’est le seul Président qui a osé se metrre devant la scène lors lu « Diam-Ben’Iavoloha » en 1991
    Ce sont des courages politiques à l’image de Monja Jaona, et que l’ on salue avec dignité.
    Par contre l’idée d’amener le Peuple Malgache au fournaise et à la braise en 1991 était FBI (Fausse Bonne Idée), ainsi que se déplacer en 4×4 pour faire ses tournées était aussi FBI (le temps coûte pour un Président de la République, on ne le dépense pas sur la route).

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