Délit de couleur

Après ce qui s’est passé dans la journée de samedi, bon nombre de gens, surtout la gent féminine, ont une peur bleue de s’habiller en rouge.

Délit de couleur

Un délit de faciès d’une autre couleur, c’est le cas de le dire, a fait son apparition avant-hier sur les étals d’Analakely. Les rares passants étaient jugés à leur apparence et/ou à la couleur de leurs T-shirts. Une mère de famille vêtue d’une robe rouge avec, cependant, un double empiècement de couleur beige au niveau de la poitrine, a dû montrer patte blanche pour sortir des pavillons. Prise à partie par un groupe de prétendus marchands mécontents de ne pouvoir rien vendre à cause de l’opposition, la femme en question qui portait par-dessus le marché, des talons rouges, était verte de rage, surtout lorsque l’un des individus a eu les mains trop baladeuses. Sous d’autres cieux, de tels gestes déplacés auraient été assimilés à du « sexual harassment » donc pénalement répréhensibles. Idem pour le délit de faciès ou de couleur qui est puni d’une peine d’emprisonnement et d’une amende dans d’autres pays. La condamnation est même plus lourde si cette pratique discriminatoire est le fait d’un agent public ou d’un élément des forces de l’ordre, tel que c’était le cas samedi où un jeune homme a été refoulé sans ménagement par des gros bras avant d’être fouillé par les gendarmes car il avait un T-shirt rouge. Même topo à Tsaralalàna où une femme rentrant visiblement d’un voyage parce que traînant une valise à roulettes, s’est vu interdire l’accès à la rue menant à son hôtel. Son seul tort, c’était de mettre un T-shirt rouge. Lequel n’était pourtant pas floqué du logo de « Miara-manonja » comme l’arborait fièrement et ostentatoirement une autre dame qui bravait toute seule les railleries et menaces d’une autre bande de personnes qui voyaient …rouge lorsqu’elle a traversé les allées des pavillons. Que serait-il advenu d’une femme ministre vêtue samedi d’une combinaison rouge – la couleur de son parti – si elle s’était aventurée sans garde du corps du côté d’Analakely ? En tout cas, le délit de couleur actuel n’est pas sans rappeler ce qu’on a vu en 2002 où le KMMR considérait comme leur bête noire, ceux qui portaient les T-shirts de l’Amiral rouge.

R.O

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