Une normalisation en train de s’effectuer

Emmanuel Macron l’a voulu. Il ne désirait pas que les relations entre la France et le Rwanda se figent à cause d’une brouille tout à fait justifiée : cette volonté de ses prédécesseurs de couvrir d’un voile les circonstances de la tragédie rwandaise et le rôle que la France aurait pu y jouer. Le chef de l’État français désirait que la vérité éclate et qu’elle permette d’établir les responsabilités de chacun dans ce drame. C’est avec cette détermination qui le caractérise qu’il a demandé à une commission d’experts d’établir un rapport sur ces événements. Les résultats de cette dernière ont permis d’apaiser les rancœurs des Rwandais et d’établir un certain apaisement dans les relations entre les deux pays. Cela a abouti à ce voyage officiel effectué en cette fin de semaine à Kigali.

Une normalisation en train de s’effectuer

Les relations entre les deux pays se sont totalement détendues. La preuve en avait été faite lors de la participation du président Paul Kagame au sommet économique de Paris destiné à aider les pays du continent africain fortement impactés par la crise sanitaire. Le chef de l’État avait été reçu par son homologue français en marge du sommet. Les observateurs ont remarqué les égards qu’on lui a manifestés. La suite logique est ce voyage officiel du président Macron à Kigali. Mais tout le monde attendait avec intérêt la teneur du discours qu’il allait prononcer. Certains Rwandais pensaient qu’il allait reconnaître la responsabilité de la France dans ces tragiques événements et qu’il allait présenter des excuses au nom de la France. L’allocution qu’il a faite au mémorial du génocide fut d’une haute tenue. « Je viens reconnaître nos responsabilités dans le génocide de 1994 » commence-t-il. « La France n’a pas été complice, mais elle a fait trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de la vérité. En voulant faire obstacle à un conflit régional, elle restait de fait aux côtés d’un régime génocidaire. Reconnaître ce passé, c’est aussi poursuivre l’œuvre de justice », a-t-il poursuivi. On sent que le passé est maintenant exorcisé. L’étape suivante que tout le monde attend est la nomination d’un ambassadeur français au Rwanda.

Patrice RABE

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