Nully Ratomosoa, une légende de la basse en devenir !

Nully Ratomosoa, entouré de son équipe.

Les grandes stars et les légendes de la musique malgache se l’arrachent. Tombé en amour pour la basse et le jazz, spécialement celui de Marcus Miller à l’adolescence, il fait ses premiers pas dans la jungle musicale avec Din Rotsaka, poursuit son petit bonhomme de chemin avec Tence Mena, Tsiliva ou encore Jaojoby. Derrière le bassiste « tropical » se cache pourtant un mordu de jazz, un grand musicien de funk qui ne demande qu’à s’épanouir !

Il a passé plusieurs soirées à boire du coca pm au Glacier Analakely, juste pour avoir une chance de jouer un morceau sur scène, a quitté ses études de droit à l’université pour se consacrer entièrement à sa passion, a joué pour rien avec un groupe reconnu pour s’offrir sa première guitare basse. Lui ? C’est Nully Ratomosoa, un bassiste hors du commun qui ne vit que pour et par la musique ! Fils de musicien, il hérite bien évidemment du sens du rythme et de l’amour de la musique de son père. « Il faisait partie d’un groupe dénommé ‘Dimy lahy’. Quand je rentrais de classe, je les retrouvais dans la maison, toujours en train de répéter. Quand je suis seul à la maison, je m’essayais donc à toute sorte d’instruments : le piano, la batterie ». Mais c’est pour la basse qu’il eut un coup de cœur ou plutôt un coup de foudre. Il avait sept ans à l’époque.

The Way. Quelques années plus tard, sa curiosité et sa soif d’apprendre et de maîtriser la basse s’intensifient. « J’avais un oncle qui habitait Mayotte. Il a eu vent de ma passion pour la basse. Il a donc décidé de nous envoyer deux K7, un de Marcus Miller, spécialement pour moi et un autre d’Ultramarine pour la radio Barawa Ambatondrazaka dont ma tante était la directrice à l’époque », se souvient-il. La façon dont le bassiste jouait l’intriguait, l’accrochait, le subjuguait à tel point qu’il crut à un certain moment que sur un titre, il y avait, non pas un mais quatre bassistes. « En l’écoutant jouer, je n’avais qu’une envie : être aussi performant ». En 2003, Nully réussit à convaincre deux de ses amis à se lancer dans l’aventure The Way, un groupe qui allait reprendre les grands succès de ses deux idoles : Marcus Miller et Ultramarine. Ils ont travaillé d’arrache-pied et investi l’Alliance française où ils ont fait un tabac. Un premier pas réussi qui a été suivi de beaucoup d’autres.

Le début. Nous sommes en 2005. Nully vient de décrocher son bac. Ses parents l’envoient à Tana pour poursuivre ses études. « J’étais tellement excité de venir enfin à la Capitale, pas pour les études mais parce que j’allais enfin avoir l’opportunité de voir ces grands musiciens jouer ». Effectivement, Nully est plus présent au Glacier qu’à l’Université. « Je passais plusieurs soirées au Glacier pour voir les grandes stars jouer. A l’époque, Jean Rigo et Vaiavy Chila étaient les plus célèbres. Il y eut aussi Jean Aimé. En le voyant sur scène une fois, je n’ai pu m’empêcher de rester un simple spectateur. J’ai pris la basse et je l’ai accompagné ». Sa prestation a été remarquée mais ce n’est que quelques années plus tard que, pour le jeune musicien, les choses sérieuses commencent.

De star en star. En 2009, Nully intègre le jazz club du CGM. Il y fait des rencontres, acquiert de nouvelles connaissances, partage le peu qu’il sait et commence également à s’affirmer en tant que musicien. Cette même année, son chemin croise celui de Din Rotsaka qui à l’époque, était au sommet de la réussite. « Je le voyais comme une superstar. Et quand une superstar vous demande de jouer pour lui, vous acceptez ! Surtout quand vous êtes encore un musicien sorti de nulle part ». Din voyait en lui ce « petit quelque chose » qu’il ne voyait pas chez les autres musiciens  lui demandait de rejoindre son groupe et de partir en tournée avec lui à Nosy-Be le lendemain même. Nully accepte le défi et s’en sort haut la main ! A la fin du premier concert, l’écho de sa prestation résonne dans tout Nosy-Be. Deux ans plus tard, il décide de tenter une nouvelle aventure, cette fois avec Tence Mena. En 2013, il devient le bassiste de Tsiliva, côtoie d’autres jeunes et talentueux musiciens comme Miora Rabarisoa, Joël Rabesolo, Jimmy B zaoto ou encore Mika & Davis. En 2018, Jaojoby le sollicite et bien sûr, il accepte volontiers de rejoindre la grande famille musicale des Eusèbe en poursuivant en parallèle ses aspirations personnelles et ses projets musicaux.

De « misarangotra » à « Gafunk ». En 2016, Nully se consacre à son projet musical « Misarangotra » dont il a présenté un aperçu sur la scène du CGM en 2009. « J’ai beaucoup travaillé. Je voulais devenir meilleur que je ne l’étais pour être à la hauteur de l’avenir musical que je me prévoyais ». Contrairement à la plupart de ses pairs, Nully Ratomosoa n’aspire effectivement pas à la célébrité. En tout cas, pas dans la facilité. « Je ne veux pas devenir une star. Je veux asseoir ma notoriété, être respecté pour ce que j’ai accompli de bien, faire carrière et porter haut le flambeau malgache. Pas seulement sur le plan national mais surtout international ». Avec « Gafunk », un projet musical très ambitieux dont les mélomanes en entendront très bientôt parler, Nully Ratomosoa, nous en sommes sûrs, ira loin, très loin. En tout cas, on le lui souhaite.
Mahetsaka

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