Us et coutumes : Le zébu et le bois chez les Tandroy

Les Tandroy occupent un territoire limité par le Mandrare à l’Est, le Menarandra à l’Ouest et le Manambovo au centre. (crédit photo: Avizara Manitra)

La culture est une notion vague et large à définir dans le cadre des sciences humaines. Elle est désignée comme ensemble des caractères spécifiques au groupe social. La tradition fait partie intégrante de la vie de ces groupes de personnes. Jusqu’à nos jours, elle est jalousement conservé dans la région.

Le patrimoine sacré. « L’animal, bien loin d’être un bien utilitaire, serait d’abord pour l’Homme un être étroitement associé aux rituels qui accompagnent sa propre naissance, son mariage, sa mort et auquel il ne saurait être attaché qu’émotionnellement, voire mystiquement ». Le nom malgache aomby, aombe et omby sont le dérivé du mot swahili ngombe. A Madagascar, le zébu est une préoccupation principale de l’homme de la campagne. Il constitue l’essentiel cheptel de l’île. Pour les Tandroy, avant d’être cultivateurs, ils étaient avant tout des pasteurs.

Généralement, le zébu est nommé selon la couleur de son pelage ou volon’aombe. Chez les Tandroy, les zébus mâles sont beaucoup plus estimés qu’une vache en raison de leur importance dans des cérémonies rituelles et les sacrifices cérémoniels. Il est non seulement considéré comme une richesse, mais également un animal de sacrifice matérialisant les liens des vivants avec les divinités et le sacré. En effet, les rituels se déroulent devant le poteau sacrificiel hazomanga. Le sacrifice s’impose.

Le « Hazomanga », dans le système de représentation des Tandroy un sacrifice ou sorone, est à la fois une « prière », « une bénédiction » ou une « offrande » pour demander la bienveillance de Dieu ou Zagnahare et aussi des ancêtres. Une cérémonie rituelle est considérée comme une « renaissance du monde ». Et c’est après un rituel que les lignages peuvent entrer dans un nouveau monde.

Le groupe Tandroy relève des mêmes Karaza et/ou Famosora. Famosora qui est considéré comme le lignage patrilinéaire qui a une origine ou un ancêtre bien défini connu comme famosora, Maromainte ou encore Tebanake. Le famosora regroupe des personnes qui résident dans un même village. Dans un rituel, le chef du lignage détient une unité juridico-politique religieuse. Le chef de lignage est le détenteur du « poteau sacré » Hazomanga. Ce bois a un symbole religieux, moral et culturel. Un des éléments principaux de la vie communautaire qui crée chez l’individu un lien très fort l’attachant à son univers social. Le Hazomanga est planté près de la maison du plus âgé du lignage. On l’appelle mpisoro ou Mpitaka Hazomanga qui a une autorité morale, sociale, politique et économique dans le village.

Iss Heridiny

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