17 décembre 1885 : Le début de l’occupation française à Madagascar

Après la première guerre franco-malgache, Madagascar connaît une amère défaite. Dès lors, les français commencent à s’introduire dans la Grande île. Cette fois-ci, le pays de Rainilaiarivony ne sera plus un comptoir pour ravitailler les bateaux Français, mais un pays vaincu, exploité, voire déjà colonisé par l’Hexagone.

 

L’article 15 du traité du 17 décembre 1885 favorise davantage l’implantation du drapeau tricolore à  Madagascar, en l’occurrence à Diégo-Suarez. Une présence  qui a rendu  la ville animée et plus attractive, d’après certains, car elle était une zone inutile sous le gouvernement Rainilaiarivony.  Oubliée et considérée comme tany lavitr’andriana, Diégo-Suarez si  éloignée du pouvoir central, devient désormais un pôle d’attraction tout au long du XXème siècle. Une migration massive est effectuée dans les années 1900. La plupart sont des Réunionnais, des Comoriens et des Yéménites,  venus  pour occuper les terres cultivables de la région et travailler à l’arsenal.

 

Les français occupent l’ouest de la ville. Le décret du 4 octobre 1898 déclare point d’appui de la flotte des ports suivants : Fort de France, Dakar, Corps Saint Jacques, Nouméa, Diégo-Suarez et Libreville, mais en raison de la nécessité de réduire les dépenses, le décret de 1899 ne conserve en première urgence que les ports de Fort de France, Dakar et Diégo-Suarez. Ce décret réaffirmé en 1900 dicte que la ville devient un point d’appui de la flotte française. La ville devient une base navale. En 1900, plus de 5 000 militaires sont envoyés à Diégo-Suarez. En 1905, les installations sont achevées, elles comprennent des casernes, des magasins, des bureaux.

 

La ville de Diégo-Suarez a une multitude d’aspects. Elle est une zone militaire, une base navale et un point d’appui de la zone stratégique numéro 3 sur la défense dans la région du sud-ouest de l’océan Indien. Elle est aussi chef-lieu et centre administratif. Puis avec son port, Diégo-Suarez joue un rôle plus important dans le commerce. La double fonction de son port (commerce et base militaire) est un atout pour la région du Nord. Après Vohemar, la ville de Diégo-Suarez accueille une masse de Réunionnais, qui vont accaparer des terrains  cultivables. Ces colons s’installent dans l’ouest de la ville, comme Namakia, puis Ambohimanarina la partie pour la partie nord-ouest, et constituent une petite forme de colonisation. Durant l’âge d’or des colons dans les années 1920, ces créoles bénéficient de beaucoup de terres et de concessions. Pour des raisons de profit, ils approuvent leur fidélité à l’administration coloniale.

Iss Heridiny

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. La question : Madagascar a-t’elle gagné au loto de l’indépendance ?
    Peut-on parler de résilience ou de résignation ?
    Madagascar et les Malgaches persistent dans une trajectoire différente voire inverse de celle revendiquée et empruntée par l’Afrique et les Africains . Et puis, ce complexe non dissimulé d’infériorité, ce désir irrépressible d’Occident , de France. Et ces élites qui se ménagent des propriétés d’exfiltration aux frontières des pays européens et dont la progéniture étudie dans les universités étrangères . Quant à la diaspora !? Quant aux intellectuels!?
    Tristes constats !!!

Poster un commentaire