Antananarivo précoloniale : Une ville organisée et aménagée

Le peintre russe Alexandre Iacovleff a immortalisé dans ce tableau de 1926, une vue en hauteur de la capitale vers le nord.

Parler d’Antananarivo au XXè siècle nous renvoie à l’histoire d’un processus d’urbanisation de la colline d’Analamanga, grâce aux contacts avec les Européens. Mais la transformation de cette petite contrée en un véritable centre urbain remonte à quelques siècles avant, sous le règne d’Andrianjaka, un souverain du royaume “merina”.

 

Depuis le XVIIè siècle, Analamanga détient un rôle de premier plan dans les domaines politique, économique, religieux et militaire. C’est ainsi que l’ancienne cité “vazimba” prend une nouvelle appellation : Antananarivo, « la cité des mille guerriers ». Un nom qui montre la force de la cité par le nombre de ses habitants, depuis le règne d’Andrianjaka. Cependant, à la fin du XVIIIè siècle, Antananarivo a accédé à son statut de chef-lieu du territoire de l’Imerina, grâce aux œuvres du souverain Andrianampoinimerina, qui a entrepris l’extension de son royaume, depuis une petite contrée située plus au nord, à Ambohimanga.

À partir de la première moitié du XIXè siècle, la formation de la ville d’Antananarivo est basée sur l’extension du royaume et sur l’ancrage territorial du pouvoir. La transformation de la morphologie urbaine dans les principales villes à Madagascar, surtout à Antananarivo, est plus qu’accentuée avec l’expansion du christianisme. Les constructions des églises et des symboliques religieuses activent la métamorphose du chef-lieu “merina”. De ce constat, c’est au cours du XIXè siècle que la colline d’Analamanga s’urbanise de plus en plus grâce à l’implantation des édifices religieux et des habitations des illustres familles de l’époque.

Andrianampoinimerina est aussi connu pour son sens de l’organisation en matière d’économie. Les activités commerciales sont fixées les vendredis, jours du marché, sur la place d’Andohalo où les paysans environnants de la région affluent pour vendre ou acheter des produits. Ces dispositifs montrent que le contrôle du royaume nécessite un aménagement de l’espace.

Andrianampoinimerina a ouvert l’Imerina sur le reste de la Grande île, mais c’est son fils Radama Ier (1810 – 1827) qui donne un coup d’envoi pour faciliter l’introduction des étrangers, surtout les Européens, sur le territoire merina. Leur présence marque la transformation du paysage de l’enceinte du Rova et de nombreux quartiers des collines d’Antananarivo. Les étrangers concourent effectivement au changement du paysage urbain de la ville. Ils apportent leur savoir-faire en matière de bien immobilier et d’aménagement urbain. Leur assistance permet à la cour de disposer de cadres de vie modernes, largement calqués sur ceux de la monarchie anglaise. Les souverains “merina” successifs ont pu profiter de la présence des missionnaires européens pour les travaux de constructions des habitations, des ouvrages d’urbanisme et des chaussées. Cependant, dans le modèle d’urbanisme de cette période des royaumes de Madagascar, le symbolisme religieux est souvent mis en avant.

Recueillis par Iss Heridiny

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