MID : L’ariary se déprécie de 6 % en 6 mois

Avec les importations des grandes entreprises minières, l’ariary pourrait retrouver le chemin de la compétitivité, face aux devises de référence.
Avec les importations des grandes entreprises minières, l’ariary pourrait retrouver le chemin de la compétitivité, face aux devises de référence.

En attendant les aides à la balance de paiement et les grandes rentrées de devises, l’ariary est actuellement au plus bas de sa forme.

« Si j’étais à votre place, j’achèterai tout de suite, puisque au prochain arrivage, nos prix augmenteront inévitablement ». C’est la phrase que l’on entend souvent dans les magasins de produits importés. Notamment les meubles qui viennent de la Chine et qui sont actuellement très appréciés par les consommateurs en raison de leur bon rapport qualité-prix. Mais même les bons et moins chers produits chinois risquent de ne plus trouver beaucoup de preneurs en raison de la hausse des prix qui va venir dans les semaines et même les jours qui viennent. Et ce, consécutivement à la dépréciation de l’ariary qui continue actuellement d’être de mise.

Forte demande.  Hier l’euro était à 3 222 ariary, alors qu’en début janvier, la monnaie européenne s’échangeait à 3 017 ariary. En perdant ainsi 205 points l’ariary a donc connu une dépréciation d’environ 6 %. Par rapport au dollar qui était à 2 242 ariary en début janvier contre 2 360 ariary en fin juin, la monnaie nationale a également perdu 118 points, soit une dépréciation d’environ 5 %.

Officiellement, on explique cette dépréciation de l’ariary par une forte demande en devises étrangères, notamment pour les importations de carburants, et qui a entraîné la baisse du niveau de nos réserves en devises. Sur ce point d’ailleurs, la hausse des prix à la pompe est imminente, puisque depuis le retour à l’ordre constitutionnel, le gouvernement a décidé d’opter pour la vérité des prix. Les effets immédiats de cette relativement importante dépréciation de l’ariary sera évidemment la hausse des prix des produits importés. Notamment certains PPN. Les analystes s’attendent même à une inflation généralisée. Avec ce que cela suppose d’impacts pour les entreprises qui dépendent des importations. En somme, les consommateurs et certaines entreprises risquent de faire les frais de cette dépréciation de l’ariary.

Financements extérieurs. Une dépréciation qui, heureusement pourrait être de courte durée. Tout d’abord puisque les financements extérieurs, notamment les 47 millions de dollars annoncés récemment par le FMI pourraient être en faveur de l’ariary. Ensuite, d’importantes rentrées de devises sont attendues avec les exportations de nickel et de cobalt d’Ambatovy. Faut-il en effet rappeler que cette grande entreprise minière a annoncé récemment le retour de ses exportations qui se chiffrent, rappelons-le à des centaines de millions de dollars par mois. Et les produits traditionnels d’exportation ne sont pas en reste, puisque la campagne de vanille est actuellement en cours. En somme, le retour à la compétitivité de l’économie malgache est appelé à stopper cette dépréciation de l’ariary.

R.Edmond

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