Secteur minier : Les opérateurs réclament un environnement des affaires plus propice

Outre la chute des cours du nickel, le mauvais environnement des affaires constitue un autre facteur de blocage pour les grands investissements miniers comme Ambatovy. (Photo d’archives)
Outre la chute des cours du nickel, le mauvais environnement des affaires constitue un autre facteur de blocage pour les grands investissements miniers comme Ambatovy. (Photo d’archives)

Un salon de plus. Le mot est lâché par les opérateurs miniers en parlant de la prochaine édition du Salon des Mines et du Pétrole qui aura lieu du 23 au 25 septembre prochain. L’un des principaux objectifs de cet événement est en effet de convaincre les investisseurs miniers à venir à Madagascar.

Démarche inutile. Ces offensives de charme auprès des grands investisseurs miniers internationaux ne sont qu’une démarche inutile tant que le gouvernement ne prenne pas, avec détermination et de la manière la plus efficace possible, les mesures adéquates pour mettre fin aux conditions d’investissement extrêmement mauvaises et difficiles dans lesquelles vit le secteur minier. « Tant que Madagascar reste dans la catégorie des pays moyennement compétitifs en matière d’investissements miniers, la relance économique tant attendue ne sera pas au rendez-vous », soutient-on en pointant du doigt la quasi-inertie du gouvernement qui se contente des petites mesures, juste suffisantes pour maintenir le secteur minier en vie. Résultat : Madagascar qui n’occupe que le 55e rang de Fraser Institute se trouve loin derrière certains pays africains comme la Namibie (25e), le Botswana (26e) et même la Zambie. Une piètre performance qui s’explique notamment par la lourdeur administrative, l’insuffisance et la mauvaise qualité des infrastructures et de la main d’œuvre. Et surtout, la persistance de la corruption et de l’instabilité politique.

Sans actions concrètes. Bref, le régime actuel qui prétend lancer le défi du développement a vraiment intérêt à bouger pour offrir aux investisseurs miniers cet environnement propice aux affaires et non pas se contenter des frimes du genre salon, sans actions concrètes. L’Etat se contente actuellement des déclarations d’intention sans réussir à mettre en place un meilleur climat des affaires. Et encore moins de stopper les corruption et rackets de tous genres. Pour ne citer que le cas qui est encore d’actualité, Ambatovy fait partie des grands investisseurs miniers, victimes de cette inertie de l’Etat en général et de l’administration minière en particulier. Dans tous les cas, c’est à raison que la Conférence des Evêques, avec, en tête, Mgr Odon Razanakolona, a fortement critiqué l’organisation du prochain Salon des Mines. Pour cette congrégation, l’Etat doit absolument trouver les moyens de sauver ce secteur capital pour le développement économique, surtout pour la lutte contre la pauvreté.

R.Edmond

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  1. Article intéressant et qui n’emploie pas la langue de bois. Bravo ! Evidemment que le secteur minier ne peut se passer d’investisseurs étrangers (ici on parle en millions d’euros, pas de FMG), évidemment qu’un salon de plus ou de moins n’apportera aucune solution (cela peut au mieux faire les affaires du traiteur qui fournira les petits fours), évidemment que l’Etat doit balayer devant sa porte et mettre ses administrations au pas. Evidemment, enfin, que les habituelles pleureuses (« on veut vendre la terre de nos ancêtres » !) doivent se taire. Les ancêtres s’en foutent ! Ils sont ailleurs. Mais leurs petits enfants qui meurent de faim ou qui doivent casser des cailloux au lieu d’aller à l’école parce que papa et maman n’ont pas de travail, ces petits enfants-là, eux, ils ne s’en foutent pas. Pas du tout !

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