ONE : « Plus de 60% des industries n’ont pas un permis environnemental », a déclaré Rakotoary Jean Chrysostome, le directeur général

« L’Etat peut fermer une entreprise n’ayant pas de permis environnemental si elle représente un danger public ou est en conflit avec la population locale », selon le DG de l’ONE. (Photo d’archives)

Pour le cas de Tiko, les autorités locales notamment le maire s’opposent à sa fermeture compte tenu de ses retombées socio-économiques dans sa zone d’implantation, pour ne citer que la création d’emplois.  

Depuis la mise en vigueur du Décret MECIE (Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement) en 2004, nombreuses sont les industries qui ne sont pas en règle vis-à-vis de la législation environnementale. La plupart d’entre elles sont tenues à régulariser leur situation en faisant une mise en conformité à la loi. « Même actuellement plus de 60% des industries n’ont pas un permis ou une autorisation environnementale. Seules les entreprises opérant dans le secteur textile qui en ont fait la demande étant donné qu’il s’agit d’une des exigences du marché américain dans le cadre de leur éligibilité au niveau de l’AGOA », a déclaré Rakotoary Jean Chrysostome, le directeur général de l’Office national pour l’Environnement lors de sa rencontre avec la presse hier.

Retombées. « Pour avoir ce permis environnemental, les industriels doivent effectuer une Etude d’Impact environnemental. Si leurs investissements ne sont pas énormes, ils doivent établir un programme d’engagement environnemental afin d’obtenir une autorisation environnementale. Selon cette catégorie d’entreprises, il se peut que des petites unités ne soient pas exigées à effectuer une mise en conformité vis-à-vis de la législation compte tenu du fait que leurs impacts environnementaux sont très minimes », a-t-il poursuivi. Ce directeur général de l’ONE a ensuite enchaîné que son entité suggère la suspension des activités d’une industrie ne disposant pas de permis environnemental à l’Etat et ce, sur avis des autorités locales, selon la loi en vigueur. « S’il y a un danger public ou si l’entreprise est en conflit avec la population locale, l’Etat peut procéder à sa fermeture. Mais il faut également tenir compte des retombées socio-économiques des activités de cette entreprise dans sa zone d’implantation », a-t-il évoqué.

Fermer. Parlant de l’intention de l’Etat de fermer la société Tiko AAA faute de permis environnemental : « les autorités locales notamment le maire, s’opposent à cette décision étant donné  sa réouverture contribue au développement socio-économique de la localité. A mon avis, il doit se conformer tout simplement au Décret MECIE, mais on n’a pas besoin de la fermer. Tiko AAA a été déjà notifié suite à une descente de l’ONE sur place à effectuer un programme d’engagement environnemental pour ses unités de fabrication de beurre, de yaourt et de fromage et une étude d’impact environnemental pour l’exploitation d’une source servant à fabriquer de l’eau minérale. Il s’agit notamment de la délimitation d’une zone de protection de cette source tout en négociant avec les propriétaires fonciers locaux », tient à préciser Rakotoary Jean Chrysostome.  Demandant la version de Tiko AAA,  « Nous avons suivi à la lettre toutes les recommandations de l’ONE en engageant même des experts, mais nous n’avons pas toujours obtenu des avis favorables. L’équipe de cet organisme a fait au moins trois descentes dans nos installations industrielles et cela n’a pas abouti », selon un responsable du groupe.

Navalona R.

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