Plateau Continental Sud : « 860 000 km2 additionnels pour Madagascar », selon Joéli Lalaharisaina

Joéli Valérien Lalaharisaina, ingénieur pétrolier et ex-directeur général d’OMNIS (Office des mines nationales et des industries stratégiques).

Madagascar a plus de chance d’avoir une suite favorable à la demande d’extension du plateau continental sud, d’après l’ingénieur pétrolier Joéli Valérien Lalaharisaina, ex-DG d’OMNIS. Interview exclusive.

 Depuis quelques mois, on parle beaucoup d’extension du plateau continental sud. Quel est ce projet ?

Joéli Valérien Lalaharisaina (JVL). Le Projet d’extension du plateau continental sud de Madagascar, au-delà des 200 milles marins,  a été intégré dans le programme négocié avec le gouvernement norvégien, en vertu  de l’accord de coopération intitulé « Oil for development ». Signé en 2007, ce projet entre dans le cadre de  l’application de la convention des Nations Unies de 1982 sur le droit de la mer  et qui a été ratifiée par l’Etat malgache le 19 avril 2001. Fort de cette convention, l’Etat malgache, sous l’impulsion du ministère des Affaires étrangères, a décidé d’exercer son droit à la soumission, auprès de la Commission des limites du plateau continental  des Nations Unies. Un dossier technique et scientifique de demande a été soumis, en vue de l’établissement de la trace des limites de son plateau continental au-delà des 200 milles marins, sur la base des informations scientifiques disponibles (bathymétrie et épaisseur de sédiment). Un groupe technique de base (experts nationaux issus de l’OMNIS, IOGA, Université d’Antananarivo), a effectué des  études préliminaires. Le résultat a révélé que le rebord externe de la marge continentale s’étend vers le sud.

  1. Quels sont les démarches déjà entreprises dans le cadre de ce projet et ou en  sommes-nous aujourd’hui ?

JVL.  Dès 2008, ce groupe d’experts s’est attelé à l’élaboration du dossier, conformément aux directives scientifiques et techniques stipulées dans le règlement intérieur de la Commission des limites du plateau continental. En août 2011, une délégation représentant l’Etat malgache – dirigée par le premier-ministre de l’époque, SEM Camille Vital – a présenté le dossier de soumission de la demande de Madagascar devant la Commission des limites du plateau continental, au siège des Nations-Unies à New-York. Des recommandations pourraient être formulées par une sous-commission chargée d’examiner la demande malgache. Toutefois, le groupe technique de base recommande, aussitôt après la soumission du dossier en  2011,  la réalisation des travaux  de levés sismiques dans le bassin, qui constitue un élément d’intérêt primordial confortant la demande d’extension du plateau continental sud de Madagascar. Faute de financement approprié, depuis 2011, ce programme n’a pu être concrétisé qu’après la conclusion récente du  protocole d’entente entre OMNIS (Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques) et  le groupe chinois SIO (Second Institute Oceanography). D’où, le rebond du sujet.

  1. Et pour la suite, que va-t-il se passer ? Quels autres pays pourraient réclamer cette « extension du plateau continental » ?

JVL. Ces données sismiques recueillies viendront renforcer notre dossier. S’agissant d’un territoire sans maître et du principe de continuité territoriale avérée, Madagascar dispose de plus de chance  d’avoir  une suite favorable à sa demande, d’autant plus que l’étude préliminaire réalisée par le groupe technique n’a fait mention de risque  de chevauchement avec les éléments  avoisinants. A titre d’illustration, les  îles perceptibles aux alentours sud sont Crozet et Kerguelen. La demande de Madagascar pour l’extension de son plateau continental sud se réfère à la ratification par Madagascar de la convention des Nations-Unies de 1982, sur le droit de la mer la souveraineté nationale est sacrée et doit être conservée dans son intégralité. Elle ne doit faire l’objet d’une quelconque  négociation/tractation, quelle que soit sa forme. Les enjeux pour ce projet sont très importants et Madagascar se doit de veiller à ce que cette demande réussisse pour lui faire valoir par la suite ses droits souverains sur une superficie supplémentaire d’environ  860.000 km2 ainsi que sur les ressources dans les fonds marins et le sous-sol.

 Recueillis par Antsa R.

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Dr en Océannologie Appliquée, je vous manifeste mon immense plaisir en apprenant cette extension de notre plateau continental sur 860.000Km2. La logique n’est pas toujours de ce bas monde mais d’après mon humble connaissance sur l’histoire géologique du Gondwana (issu du Pangea) Madagascar notre Ile, ne pourrait que donner (ou se rattacher étroitement) cette partie qui, de ce fait devait nous revenir de fait, de droit, etc.
    Je souhai à toute votre équipe plein succès dans l’accomplissement de cette difficile & noble mission et longue vie. MIASA

  2. On n’arrive même pas à exploiter les ressources sûr le sol cet on voudrait aussi exploiter les ressources sous-marine, hypothétiques ??

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