Ambovombe : Les tomates et les patates inondent le marché

Le lot de dix tomates coûte seulement 200 ariary.

Lundi 23 août à 8h du matin à Ambovombe, capitale de la région Androy, les tables sont bien dressées. Les produits sont prêts pour la vente à l’occasion du marché hebdomadaire. Si les échos de la malnutrition et de la sécheresse dans le Sud ne font que s’accentuer dernièrement, la situation actuelle à Ambovombe dit le contraire, d’après ce qu’on a vu hier durant le marché hebdomadaire. Une récolte abondante a été constatée. Les produits phares du marché sont les tomates, les patates douces, les feuilles de patate et d’autres variétés de légumes. Les vendeurs interrogés ont déclaré qu’il existe actuellement de nombreux produits, suite aux pluies d’il y a quelques mois. Le problème c’est que la population en général n’a pas d’argent. Par conséquent, les produits sont bon marché. Le lot de dix tomates coûte seulement 200 ariary et il faut compter 300 ariary pour les patates douces. Ce sont les produits locaux qui sont accessibles à Ambovombe en ce moment. « Les produits sont de bonne qualité quand il pleut. Et c’est le contraire quand il ne pleut pas. Nous n’avons pas de moyen spécifique pour les conserver, alors que les tomates pourrissent après trois jours », a expliqué Julie, vendeuse de tomates.

Les patates à la place du riz. Concernant le riz, il n’y a pas beaucoup de différence entre le prix à Ambovombe et celui de la Capitale. Le prix du “kapoaka” des variétés de riz importées plus précisément, celui du stock-tampon est de 700 ariary. Un revendeur a expliqué que le prix du “kapoaka” ne devrait pas dépasser 850 ariary. Pourtant, en raison du manque d’argent, le commerce du riz est peu lucratif. Les consommateurs préfèrent acheter des patates douces. À part cela, il y a aussi des légumes tels que les carottes, les pommes de terre, les oignons provenant d’Amboasary-Atsimo et d’Antananarivo. Malgré les frais de transport, ces produits sont assez bon marché. En effet, les biens sont nombreux sur le marché mais c’est le pouvoir d’achat des ménages qui est très faible.

Manjato Razafy

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  1. « An niveau mondial, 1 milliard de tonnes de nourritures sont jetées chaque année . En France, chaque habitant jette en moyenne 20 kg de nourriture par an , et dans le même temps, 16 millions d’individus dépendent de l’aide alimentaire »: il s’agit bien de destruction de richesses!!!
    A Madagascar, le phénomène est largement observable …au stade de la production : des milliers ,voire des millions de tonnes de produits de l’agriculture sont perdus, jetés, pourris, abandonnés, mais dans le même temps, les acteurs de la chaîne ( agriculteurs…consommateurs) crient famine et désespoir; et le kere vient à point pour alimenter [sans jeu de mot] les campagnes récurrentes de communication à destination des bailleurs et autres partenaires financiers.
    Vrai, c’est un crève-coeur ce gâchis, détestable déjà dans les sociétés d’opulence (Europe – Etats Unis…) mais insupportable en Afrique et à Madagascar.
    La richesse n’est pas seulement dans le sous-sol et sous les océans: elle est là, sous nos yeux, dans le sol et dans le labeur de la population, à petite portée des bouches et des ventres.
    L’Etat malgache doit faire un pas de côté au capitalisme néo-libéral destructeur pour libérer le peuple malgache des enfers de la servitude alimentaire.
    C’est là mon avis, et je le partage !

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