ATSIMO-ANDREFANA ; CONSTRUCTIONS ILLICITES. Autorisations municipales entachées de corruption et d’escroquerie.

Presque toutes les grandes villes de Madagascar sont envahies par des kiosques en bois ou en tôles, construits « à titre précaire et révocable sur une portion de trottoir ou terrain communal ».

L’ancien maire avait déjà dédommagé ceux qui occupaient les trottoirs du côté de la Préfecture. En effet, l’ancien maire, devenu député, Jean Rabehaja, avait interdit depuis 2017, toute construction autour de la Préfecture. Après lui, c’est fut le déluge. L’ancien terrain de Roso, derrière l’Hôtel Amazone, est géré par la Commune de Tuléar. « Ici aussi, toutes les constructions sont illicites et en dur. Le terrain n’est pas répertorié au Service du Domaine », confie un fonctionnaire du Domaine. Il en est de même pour le Jardin Public « Ralaimongo » qui se trouvait juste en face de la banque Société Générale. Il a été vendu il y a plus de huit ans, et est occupé par une banque, une galerie commerciale et un hôtel. « Normalement, la Commune Urbaine de Tuléar peut devenir autonome en matière de budget, mais il y a des détournements » explique un conseiller communal. Pour gagner le cœur des électeurs, l’actuel maire avait promis, en cas de réussite à devenir Premier Magistrat de la ville,  de laisser tranquilles tous ceux qui sont déjà installés sur des terrains administrés par la Commune. Résultat, il est élu en 2020 sous la « bannière Orange ». Dès son avènement, le laisser-aller a repris. Donc, c’est en connaissance de cause que les tenants actuels de la Mairie ont repris « la vente des espaces libres des trottoirs », alors qu’il fallait au contraire, mettre un terme à ces transactions abusives. Corruption et escroquerie règnent depuis. C’est cette assurance promise par l’actuelle équipe de la Commune Urbaine de Tuléar qui a poussé les victimes à construire en dur.

Après la démolition des constructions illicites, les victimes ne sont pas restées sans rien faire. Elles sont allées se plaindre au Tribunal de Tuléar et au Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO). De peur des courroux des victimes, un conseiller s’est enfui à Fort Dauphin, voilà déjà plus d’un mois, et compte y rester jusqu’en janvier. Pourquoi ne revient-il pas ? Ce conseiller municipal n’avait-il pas la conscience tranquille ? Les victimes se sentent trahies et trompées. Elles avaient payé entre 2 et 8 millions chacune. Elles espèrent un  dédommagement consequent.

Charles RAZA 

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