Un mois d’octobre particulièrement chaud

Dans le passé, c’était le mois de mai qui était qualifié de mois de tous les dangers. Le souvenir des périodes mouvementées de notre histoire récente était vivace. Cette année, le passage au deuxième semestre de l’année 2021 fut plutôt calme, les esprits étant encore préoccupés par la crainte d’une troisième vague de contaminations du virus de la Covid-19. La situation sanitaire s’est apaisée et avec ce retour à une certaine normalité, les problèmes sociaux reviennent avec acuité. L’insécurité, la recrudescence des feux de brousse, la multiplication des accidents mortels sur les routes nationales et les interpellations faites par ceux qui n’ont pas reçu leur dû créent un climat particulièrement malsain rejaillissant sur la population en général. Quoiqu’il dise, le régime ne peut pas se dédouaner de ces difficultés qui surgissent en ce moment. L’État doit trouver des solutions qui permettent le retour à une certaine sérénité. Les contestations qui ont lieu dans le monde universitaire rappellent étrangement les turbulences d’antan. La grève des agents des douanes qui a été interdite par le préfet est en train de prendre une ampleur que l’État n’avait pas prévu. Les autorités semblent, pour le moment, faire le dos rond et privilégient un certain statu quo. L’opinion attend la réponse qu’il va apporter à ces interpellations. La population, du moins la partie qui est active sur les réseaux sociaux, observe la situation actuelle avec une certaine réserve. Les posts qui glorifient l’action du pouvoir actuel sont parfois raillés, mais ces commentaires même s’ils sont critiques ne dépassent pas la mesure. Ils doivent cependant montrer aux dirigeants leur niveau de popularité actuel. La session ordinaire du parlement, qui s’est ouverte mardi dernier, devrait être l’occasion de beaux débats et permettre aux députés de remettre en perspective tous les défis auxquels le pouvoir est confronté.

Sur le plan international, la question de la Covid-19 est toujours présente, mais elle est envisagée de manière apaisée. Il y a un léger regain de contaminations, mais cela ne suscite pas de véritables inquiétudes. Les populations ont été vaccinées dans la plupart des pays et les autorités sanitaires préconisent une nouvelle campagne de vaccination durant laquelle une nouvelle dose sera administrée pour raffermir la protection contre le virus. C’est le cas dans tous les pays occidentaux. Il est à noter cependant qu’en Afrique, comme le remarque l’OMS, le taux de contamination est extrêmement bas. Les nations du continent africain gèrent très bien la situation.

Les médias internationaux s’intéressent de très près actuellement au différend qui oppose la Chine continentale à Taiwan. Le puissant voisin de ce dernier considère l’île comme faisant partie intégrante de son territoire et multiplie les actes d’intimidation. C’est un véritable dilemme qui se pose pour les Etats-Unis qui protègent Taiwan. La Chine s’enhardit de plus en plus et peut à tout moment se lancer dans la conquête de l’île. Les observateurs se demandent jusqu’où iront les Américains pour s’opposer à la puissance chinoise. Certains doutent de la capacité militaire de l’oncle Sam face à l’une des armées les plus puissantes du monde.

On avait auparavant dit que le mois de mai était particulièrement sensible sur le plan politique. C’était la période des mouvements de contestation. Aujourd’hui, c’est un décalage qui se produit. Le mois d’octobre inaugure une période troublée qui peut mettre le régime dans une position particulièrement délicate. Les voix qui s’élèvent en ce moment ne lui laissent aucun répit, il ne doit pas rester inerte. Sa réaction doit être à la mesure des problèmes auxquels il est confronté. C’est une fin de mois d’octobre particulièrement chaude qui se prépare.

Patrice RABE

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