MIDIRAMA : Un avenir de plus en plus sombre pour la Grande île

Madagascar a transmis la présidence de la COMESA à l’Egypte. Ces cinq années de présidence de la Grande île sont passées pratiquement inaperçues et la communauté des pays de cette organisation attend un renouveau de la conduite du président, le chef de l’État égyptien Abdel Fattah Al Sissi qui affiche de grandes ambitions pour son mandat. Notre pays entend maintenant jouer un grand rôle à la COI qui organise sa réunion en ce moment. Cette nouvelle dynamique doit profiter aux Malgaches qui se débattent dans des difficultés nées de la crise de la Covid-19. L’économie tarde à redémarrer. Le taux de croissance négatif annoncé par le FMI doit remonter. Cette LFI  2022 votée par les députés présents à l’Assemblée nationale, cette semaine, table sur une croissance de 5,1%. Un certain nombre d’observateurs ne partagent pas le même optimisme, mais elle se veut être porteuse d’une ambition parfaitement maîtrisée. Les observations et les remarques critiques des membres de la société civile se multiplient, mais elles ne dévient pas le pouvoir de la voie qu’il a tracée. Sa ligne de conduite est marquée par la volonté de réaliser les velirano du président de la République. Tous les débats actuels sont loin des préoccupations d’une population qui se bat contre les difficultés de la vie quotidienne pour le moment…C’est la hausse  incessante des prix des PPN qui lui cause  beaucoup de soucis. Les annonces du ministre du Commerce et de l’Industrie qui ne ménage pas ses efforts pour maintenir le coût de la vie à un taux raisonnable ne semblent pas se vérifier actuellement. La situation sanitaire, quant à elle, ne soulève pour le moment pas trop d’inquiétude. Les autorités médicales affirment que le coronavirus est bien présent sur le territoire, mais que des séquences de séquençage ont montré qu’il n’y a pas encore de variant Delta. Les cas de contamination au virus ont été détectés et des mesures ont tout de suite été prises. Les barrières sanitaires ont commencé à être dressées. Les interdictions ont été assouplies à Nosy Be après les manifestations des professionnels du tourisme et les vols charter, et l’accostage des bateaux de croisière a de nouveau été autorisé. Malgré les assurances apportées,  les professionnels de santé ne cachent pas leur inquiétude et redoutent de voir le virus se propager à cette occasion. La France va interdire les vols en provenance de l’Afrique australe, classée zone à très haut risque du fait de la présence d’un nouveau variant. Madagascar fait partie des pays cités.

Sur le plan international, la question de la Covid-19 est toujours présente dans les esprits. Le virus se dissémine rapidement, mais malgré un taux d’incidence de plus en plus élevé, il n’y a pas de véritable inquiétude. Les autorités multiplient les mesures de précaution. Les confinements sont le plus souvent partiels, mais l’incitation à se faire vacciner est de plus en plus forte. Les demandes de rendez-vous pour un rappel vaccinal ont explosé. En France, après l’intervention du président de la République et les annonces du ministre de la Santé, le chiffre des rendez-vous quotidiens dans les centres de vaccination est monté à plusieurs centaines de mille. C’est le prix à payer pour qu’il n’y ait pas de confinement durant les fêtes de fin d’année.

Madagascar n’a pas quitté la zone de turbulence où elle se trouve depuis la crise de la Covid-19. Le pays tente tant bien que mal de refaire démarrer son économie, mais les séquelles laissées par ces deux années de pandémie sont difficiles à effacer. Les méfaits de la crise climatique n’arrangent pas les choses, les feux de brousse et la déforestation renforcent encore plus le pays dans la misère. L’avenir apparaît de plus en plus morose.

Patrice RABE

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. La covid-19 interroge le bien-fondé du capitalisme néolibéral globalisé. Concrètement , la question-dilemne est : Madagascar doit-elle [à n’importe quel prix] adopter le modèle économique occidental et ses mythes [%age de pib # développement humain] ?
    Si l’on tient compte du gaspillage institutionnalisé des moyens humains , financiers et environnementaux [désorientation de la population et de la jeunesse, impunité voire légalisation de la corruption, destruction de l’environnement…] , on est forcément réservé sur l’issue et la réponse . Alors, on doit scruter le parcours de Haïti, Cuba, Taïwan, Réunion, Maurice…

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