Une population endurant de multiples épreuves

C’est une semaine encore parsemée d’épreuves que les Malgaches viennent de vivre. Certes, la période noire qu’ils ont traversée il y a une dizaine de jours avec les longs délestages est derrière eux, mais ils ne sont pas encore quittes avec la Jirama car ils doivent subir des coupures d’électricité quotidiennes, plus courtes certes, mais non moins pénibles. Les techniciens de la société d’État sont à pied d’œuvre et le Chef de l’État qui s’est déplacé à Andekaleka affirme que la situation sera normalisée au mois de juin après la fin des travaux à la centrale hydroélectrique. L’annonce de la construction prochaine de la centrale Sahofika, qui est un projet très sérieux, doit mettre du baume au cœur de tous les usagers, particuliers et entreprises qui ont subi les pires avanies ces derniers temps. On affirme que ce ne sont plus des effets d’annonce, mais il faudra patienter cinq ans pour que la centrale soit opérationnelle. Les problèmes d’approvisionnement en électricité ne sont pas les seuls auxquels les citoyens doivent faire face. Le contexte général ne prête pas à sourire. La situation sanitaire est encore très fragile car l’épidémie de Covid-19 est encore loin d’être maîtrisée. Les autorités observent un attentisme prudent et constatent la progression des cas de contaminations. Elles espèrent que le pic de l’épidémie sera bientôt atteint. Mais en attendant, c’est une population insouciante que l’on voit dans les rues négligeant les gestes barrières et ne portant pas de masque. Le report de la rentrée scolaire au 17 janvier n’a pas été accepté par l’enseignement privé catholique où les établissements ont continué à accueillir leurs élèves. La dégradation de l’environnement continue de plus belle avec le début de cette saison des pluies. Les risques d’effondrement d’habitations vétustes et les menaces d’éboulement dans les zones à risque de la Haute ville sont une réalité à laquelle on ne peut pas échapper. L’alerte lancée par l’APIPA à propos de la montée des eaux est tout aussi problématique.

La situation épidémique reste toujours un sujet d’actualité sur le plan international. Cependant, elle n’engendre pas de véritables inquiétudes chez les dirigeants. L’augmentation exponentielle des cas de contaminations dans les pays occidentaux n’engendre aucune panique chez les autorités sanitaires qui ne constatent aucune saturation du système hospitalier. L’idée de l’installation d’une immunité collective fait son chemin. Les campagnes de vaccination sont menées à un rythme soutenu, les populations venant massivement dans les vaccinodromes. L’administration d’une  4e dose a été envisagée, mais elle ne semble plus prioritaire.

La politique internationale a repris sa place dans les médias internationaux. Les discussions entamées entre les délégations américaine et russe à Genève cette semaine ont focalisé l’attention de tous les observateurs. Elles surviennent dans un moment de grande tension entre les deux superpuissances à propos de la question ukrainienne. Chaque camp a décidé de faire preuve de fermeté dans les pourparlers qui sont menés. La menace russe qui soutient le rebelle ukrainien est très précise et elle risque de provoquer un conflit armé. Les Américains et leurs alliés occidentaux ne veulent pas céder devant la pression russe. Vladimir Poutine refuse de voir l’Ukraine intégrer l’OTAN.

La population de la Grande île, malgré les multiples épreuves auxquelles elle est confrontée reste toujours aussi stoïque. C’est un avantage que le régime doit mettre à profit pour réaliser tous les projets envisagés. Néanmoins, comme nous l’avons écrit maintes et maintes fois, l’avenir n’est pas écrit. Tout reste à faire et le régime doit dans des conditions difficiles redresser une situation très délicate.

Patrice RABE

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